IV
3% RÈGNE DE GIILLAL.ME lil.
Chambre ctail décidée à ne pas croire Lcvinz. Elle déclara par un vole que c'était un calomniateur, et elle l'envoya à la Tour pour servir d'exemple à tous ceux ({ui seraient tentés de dire des vérités que les Communes n'aimeraient pas à entendre.
Sur ces entrefaites, le bill avait été présenté à la Chambre et marchait sans rencontrer d'obstacle. Il sti- ])ulait que toutes les propriétés qui avaient appartenu à la couronne lors de ravéncment de Jacques H, ou (|ui avaient été confisquées depuis cette époque au profit de la couronne, seraient confiées à des administrateurs spéciaux désignés dans le bill, et parmi eux se trouvaient les quatre commissaires qui avaient signe le rapport. Tous les dons de Guillaume en Irlande étaient annulés ; les droits légaux des personnes autres que les donataires étaient sauvegardés, mais les administrateurs devaient être juges de ces droits, et juges sans appel. Tout réclamant qui leur donnerait la peine de s'occuper de lui, et qui ne pourrait justifier ses prétentions, devait être condamné aune forte amende. Des récompenses étaient offertes aux dénonciateurs qui découvriraient une propriété sujette à la confiscation et n'ayant pas (.neore été confisquée. Bien que huit années se fussent écoulées depuis qu'un bras s'était levé dans l'île conquise contre la domination de l'élément anglais, les malheureux enfants du sol qu'on avait laissés vivre, soumis et obscurs, sur leurs champs héréditaires, se voyaient menacés d'une nouvelle et sévère enquête qui recherchernit le passé.
Bien que lo bill donnât lieu incontestablement à de nombreuses objections, nul de ceux qui connaissaient
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la Chambre des communes ne crut possible de faire passer un amendement. Le roi se flalta de l'espoir qu'une motion Icndant à laisser à sa disposition un tiers des confiscations serait accueillie avec faveur. Il n'est pas douteux qu'un compromis n'eût été volontiers accepté un an plus tôt, mais le rapport avait rendu tout compromis impossible. Toutefois, Guillaume était résolu à tenterl'épreuve, et Vernon consentit à se charger d'une cause qu'il considérait comme perdue d'avance. Il fit son discours et sa motion, mais l'accueil qu'il rencontra fut tel qu'il n'osa point demander un vote. Cette faible tentative pour arrêter le courant ne fit que le rendre plus impétueux et plus irrésistible. Howe proposa immédiatement deux résolutions, l'une attribuant aux donations dites d'Irlande les dettes et les taxes qui pesaient sur la nation, l'autre censurant tous ceux qui avaient ou conseillé ou effectué ces donations.Mais aucun nom n'y fut prononcé; ce n'est pas que la majorité fût disposée à épargner les ministres whigs, mais parce que quelques-unes des donations les plus critiquables avaient été sanctionnées par le bureau de la Trésorerie, alors que Godolphin et Seymour, qui avaient une grande influence, y siégeaient dans le parti national. Les deux résolutions de Howe furent portées au roi par le Speaher, dans la suite duquel tous les chefs de l'opposition parurent à Kensington. Seymour lui-même, avec l'effronterie qui le caractérisait, s'y montra comme l'un des principaux auteurs d'un vote qui déclarait le roi coupable d'avoir manqué à son devoir. Guillaume répondit qu'il s'était cru obligé de récompenser avec les propriétés confisquées ceux qui l'avaient bien
servi et surtout ceux qui avaient joué le principal rùle dans la réduction de l'Irlande. La guerre, dit il, avait incontestablement laissé derrière elle une forte dette, et il serait heureux de voir cette dette réduite par dos mesures justes et efficaces. Cette réponse était mauvaise et, U faut le dire, il ne lui était guère possible d'en faire une bonne. Sa conduite ne pouvait se défendre, et en essayant de la défendre, il se mettait dans un plus mauvais cas. 11 n'était pas vrai que les propriétés confisquées en Irlande, ou qu'un cinquième de ces propriétés eût été donné à des hommes qui s'étaient distingués dans la guerre de l'Irlande, et il n'était pas judicieux d'insinuer que ces confiscations ne pouvaient être appliquées justement à l'acquiltcment des dettes de l'État. Les TomiTiunes nuu'inurèrent et non sans raison : « Sa Majesté prétend, dirent-elles, que les dettes sont pour nous et les confiscations pour elle. Nous devons, nous, prendre dans la bourse des Anglais pour remplacer ce qui a été dépensé dans la guerre, et Sa Majesté doit mettre dans la botifse des Hollandais ce qui a été gagné à la guerre. » Dans la séance suivante de la Chambre, Howe présenta une motion déclarant que celui qui avait conseillé au roi de faire une pareille réponse était l'ennemi de Sa Majesté et du royaume : celte motion lut votée avec une légère modification.
Quelque critique qu'on pût adresser à la réponse de Guillaume, il avait dit une chose qui était digne assurément de l'attention de la Chambre. Une faible partie des propriétés confisquées avait été doimée à des hommes dont les services envers l'État inéritaienl iiin^