CHAPITRE m. r).r
subsides est grand, sans doute, cependant il vaut peutêtre mieux que nous fassions face à ce danger une fois pour toutes, que de consentir à être ce que nous sommes menaces de devenir bientôt : un corps dont l'importance n'est pas plus grande que celle de la Convocation du clergé. »
Anime de ces sentiments, un parti se forma dans la Chambre-Haufc, impatient de pouvoir saisir la première occasion d'opposer une résislance. Le 4 avril, la seconde lecture du bill fut proposée. Cent Lords environ étaient présents. Somers, dont la sagesse et l'éloquence persuasive avaient été rarement plus nécessaires, était retenu chez lui par la maladie, et sa place sur le sac de laine fut prise par le comte de Bridgewater. Plusieurs orateurs whigs et tories voulurent s'opposer à ce qu'on donnât suite à celte affaire ; mais les chefs des deux partis crurent qu'il valait mieux faire la tentative presque désespérée de nommer un comité pour l'examen du bill, et le renvoyer ensuite amendé aux Communes. On remarqua que Porlland et Albemarle votèrent avec la majorité.
Plusieurs amendements furent proposés par le Comité et adoptés à la troisième lecture. Wharton, le plus hardi et le plus actif des Pairs du parti wliig, et Lonsdale, le Lord du Sceau privé, un des Tories les plus modérés et les plus raisonnables, prirent l'affaire en mains, et furent énergiquement appuyés par le Lordprésident Pembroke et par l'archevêque de Canlorbérv, qui, en cette occasion, semble s'êlre un peu départi de sa modération et de sa prudence habituelles. Deux fils naturels de Charles II, Richmond et Southampton, qui
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avaient des raisons personnelles pour ne pas aimer « les bills de reprise, » déployèrent tout leur zèle dans le même sens. Aucun Pair, cependant, autant qu'on j)eut le prouver aujourd'hui, ne se hasarda à défendre la manière dont Guillaume avait disposé de ses possessions irlandaises. On ne toucha pas aux clauses qui annulaient les concessions de ces domaines. Mais on modifia , de manière à les rendre moins répréhensibles dans la forme, les termes qui confiaient aux Commissaires du Parlement ces biens qui n'avaient jamais été confisqués au profit du roi et dont il n'avait jamais investi personne ; on modifia aussi les clauses qui, au mépris du principe constitutionnel et des anciens usages du pays, accordaient les sommes dues et les domaines confisqués aux favoris des Communes. Le bill, amélioré par ces changements, fut renvoyé par deux juges à la Chambre-Basse.
Ce renvoi mit les Communes en feu ; toutes les différences d'opinion s'effacèrent, et ceux mêmes qui trouvaient que le bill de reprise et le bill de l'inipùt foncier, n'auraient pas dû être réunis, furent d'avis que du moment qu'ils l'avaient été, il était impossible de consentir aux amendements faits par les Lords sans se désister d'un des plus précieux privilèges de la Chambre élective. Les amendements furent rejetés à l'unanimité. Il fut résolu qu'on demanderait une conférence à la Chambre-IIaute, et les commissaires délégués à cet effet reçurent l'ordre de dire tout simplement que les Pairs du royaume n'avaient pas le droit do modifier un bill financier, que la question était décidée depuis longtemps et qu'elle était trop claire pour être soumise à la discus-
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sion ; qu'ils laissaient le bill aux Lords et leur laissaient en même temps la responsabilité d'arrêter les subsides nécessaires au service public-. Plusieurs votes menaçants eurent lieu dans cette même séance. On était au lundi 8 avril, l^e mardi 0 fut accordé à la Chambre-Haute pour la réflexion et le repentir. Il fut décidé que le mercredi matin la question des confiscations irlandaises serait de nouveau prise en considération, et que chaque membre qui se trouvait alors' à Londres serait tenu de se rendre à son poste sous peine d'encourir le déplaisir de la Chambre. Il fut déclaré par un vote que tout Conseiller privé qui avait contribué à procurer ou à faire passer à son profit quelque concession exorbitante s'était rendu coupable d'une criminelle malversation. De peur que les courtisans ne se flattassent que cette déclaration n'était qu'une simple proposition abstraite, on ordonna qu'une liste des membres du Conseil privé serait déposée sur le bureau. Comme on pensait qu'il n'était pas improbable que la crise ne se terminât par un appel aux corps constituants, on n'omit rien de ce qui pouvait bien disposer l'opinion publique en faveur du bill. Le Président reçut Tordre de faire imprimer et publier le rapport signé par les quatre Commissaires, non pas accompagné, comme il aurait du l'être en toute justice, de la protestation des trois dissidents, mais bien de plusieurs extraits de journaux qui pouvaient produire une impression favorable pour les Communes et une impression défavorable pour la Cour. Toutes ces résolutions passèrent sans qu'il fût nécessaire d'aller aux voix, et sans exciter, à ce qu'il paraît, aucun débat. Il y eut, il est vrai, beaucoup de discours, tous du même
côté, Scymour, Haile\ , Howe, Harcourl, Sliower et Musgrave déclamèrent les uns après les autres sur l obstination de la Clianibre-Haule, sur la situation alarmante du pays, sur les dangers qui menaçaient la tranquillité publique et le crédit. Si, disaient-ils, les Anglais seuls siégeaient au Parlement et au Conseil, nous pourrions espérer qu'ils seraient émus à la pensée des calamilés qui menacent l'Angleterre. 31ais nous avons affaire à des hommes qui ne sont pas Anglais, à des honmies qui ne regardent ce pays comme le leur que dans un but coupable, qui le regardent comme leur bien et non comme leur foyer; à des hommes qui, lorsqu'ils se seront gorgés de nos richesses, nous laisseront sans le moindre scrupule en danger de faire banqueroute, en proie aux factions, exposés sans défense aux invasions, « Une nouvelle guerre, dit un de ces orateurs, une nouvelle guerre aussi longue, aussi sanglante, aussi coûteuse que la dernière ferait moins de mal que n'en a fait l'introduction de cette fournée de Hollandais parmi les barons du ro\aume. » Un autre fut assez, absurde pour demander à la Chandîre de déclarer coiipable de liante trahison quiconque oserait conseiller la dissolution du Parlement. Un troisième exprima des sentiments tels, qu'il est diflicile de comprendre comment une assemblée d'hommes chrétiens et civilisés put les écouter sans horreur, même dans un moment d'effervescence : « Ils s'opposent à la jonction des bills, en vérité' Qu'ils prennent garde de nous pousser à recourir à d'autres mesures. One diraient-ils si nous leur envoyions des bills de subsides joints à des bills qui les déclareraient alleints et convaincus du crime de haute trahi-