CHAPITRE III
son? » Cette menace atroce, digne de la tribune de la Convention française aux plus affreux jours de la tyrannie des Jacobins, ne parait pas avoir provoqué aucune réclamation. Elle avait pour but — telle fut du moins l'impression à l'ambassade de Hollande — d'intimider Somers retenu chez lui par la maladie. Il lui avait été impossible de prendre une part active aux mesures des Lords et il les avait blâmés d'engager une lutte dans laquelle il prévoyait justement qu'ils ne seraient pas victorieux. Cependant les chefs torys espéraient qu'ils pourraient diriger contre lui toutes les fureurs de l'orage qu'ils avaient soulevé. Seymour, en particulier, encouragé par le caractère impétueux et presque sauvage de ses auditeurs, déclama avec violence contre la sagesse • et la vertu qui offraient le plus frappant contraste avec sa propre turbulence, son insolence, sa perfidie et sa rapacité. Il n'y avait pas de doute, dit-il, que le Lord Chancelier ne fût un homme de talent. On pouvait s'estimer heureux d'avoir pour conseiller un avocat aussi habile et aussi éloquent. Mais un très-bon avocat pouvait être un très-mauvais ministre, et de tous les ministres qui avaient suscité des diflicultés au pays le personnage en question était le plus dangereux. Lindigne orateur n'eut pas honte d'ajouter qu'd craignait que la religion de Sa Seigneurie ne valût guère mieux que celle d'un llobbiste^
Les membres se séparèrent après une longue séance, mais ils se rassemblèrent de bonne heure le jour sui-
* Oii se rappelle que Hobbes passait à la fois pour incrédule et partisan du pouvoir absolu. a. p.