‹ Histoire du règne de Guillaume III (volume 3)Chapitre 133 sur 147 · IV · texte numérisé non relu

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vant, mardi 9 avril. La conférence eut lieu, etSeymour, comme représentant des Communes, reporta aux Lords le bill et les amendements de la manière qui lui avait élé prescrite. De la CliamLre-IIaute, il revint à la salle des délibérations et rendit compte de ce qui s'était passé. « Si, dit-il, je puis m'aventurer à juger d'après les regards et la manière d'être de Leurs Seigneuries, tout ira bien. » Mais, au bout d'une demi-heure, de mauvaises nouvelles circulèrent dans la Cour des requêtes et dans le vestibule. Les Lords avaient voté pour savoir s'ils s'en tiendraient à leurs amendements ; quarante-sept avaient été d'avis de persister et trentequatre de céder. La Chambre des communes se sépara dans une grande ;igitation. Londres tout entier attendit le jour suivant dans une pénible anxiété. Le sentiment général était en faveur du bill ; le bruit courait que la majorité, qui avait voté pour maintenir les amendements, avait élé grossie par des prélats, des fils naturels de Charles II et des courtisans avides. Le cri général, dans tous les lieux publics, était que la nation serait ruinée par les trois B : Bishops, Bastards et Beggars \ Enfin, le mercredi 10, la lutte eut un dénoûment définitif : les deux Chambres furent de bonne heure encombrées. Les Lords demandèrent une nouvelle conférence ; elle eut lieu : Penibrokc rendit à Seymour le bill et les amendements avec un papier qui contenait l'exposé concis, mais clair et énergicpie, des raisons d'après lesquelles les Lords croyaient agir d'une manière strictement défensive et constitutionnelle. Ce

' Évoques, bûtiiTtls et niciuliants.

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papier fut lu à la barre ; mais, quelque effet qu'il puisse produire aujourd'hui sur un lecteur impartial, il n'en produisit aucun sur la foule des représentanls des provinces ; il fut immédiatement résolu que le bill serait de nouveau renvoyé aux Lords avec la déclaration péremptoire que la détermination des Communes était inébranlable.

Les Lords prirent derechef les amendements en considération. Pendant les quarante-huit dernières heures on avait fait, de divers côtés, de nombreuses démarches pour prévenir une rupture complète entre les deux Chambres. Les hommes d'État de la Junte étaient trop sensés pour ne pas voir que ce serait folie de persister dans la lutte. Certes, à moins que le roi et les Lords fussent d'aussi peu de poids dans l'Etat qu'en 1648, et que la Chambre des communes, au lieu d'exercer simplement un contrôle général sur le gouvernement, fût, comme à l'époque du Parlement Croupion, à elle seule tout le gouvernement, l'unique Chambre législative, la source d'où devaient découkr toutes les faveurs dont la Couronne avait jusque alors disposé ; il eût fallu, disons-le, opposer une ferme résistance. Mais pour qu'une semblable résistance eût im plein succès, le terrain devait être soigneusement choisi, car une défaite pouvait être fatale. Les Lords devaient attendre quelque occasion où leurs privilèges seraient liés à ceux de toute la nation, une occasion où les corps constituants, si un appel leur était fait, désavoueraient les actes du corps représentatif : or, les circonstances actuelles ne leur offraient pas celte occasion. Le petit nombre des hommes éclairés et à idées larges considéraient la

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jonction des bills comme une pratique si pernicieuse que, selon eux, elle n'était admissible que dans une conjoncture qui justifierait le lecours à la force physique. Mais chez le plus grand nombre elle n'excitait que peu ou point de dcsap[)rol)ation quand on joignait deux bills dans un but populaire. On ne pouvait faire comprendre au public, qui se préoccupe rarement de distinctions délicates, que la question débattue n'était autre que celle-ci : à savoir, si une somme que le vulgaire estimait à des millions, et qui s'élevait indubitablement à quelques centaines de mille livres sterling, devait être employée à payer les délies de l'État et à alléger le poids des taxes ou à enrichir encore des Hollandais déjà trop riches. Il était évident que sur cette question les Lords ne pouvaient espérer avoir le pays pour eux, et que si une élection générale avait lieu avant qu'elle fût réglée, la nouvelle Chambre des communes serait encore plus séditieuse et récalcitrante que la Chambre actuelle. Somers, quoique obligé de garder le lit, avait donné son opinion. Orford avait voté poui" le bill dans toutes les phases de la discussion. Montagne, quoiqu'il ne fût plus ministre, avait obtenu accès dans le cabinet du roi et lui avait représenté avec force les dangers qui menaçaient ll-ltat. Guillaume avait enfin consenti à donner à entendre qu'il considérerait l'adoption du bill connue étant, après tout, le moindre de deux grands maux. 11 fut bientôt évident que les dispositions des Pairs avaient subi un changement considérable depuis la veilk'. H y en eut très-peu, à la vérité, qui revinrent sur leur opinion; mais il y en cnl beaucoup qui s'abstinrent de voter. Wharton, qui d'à-

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