‹ Histoire du règne de Guillaume III (volume 3)Chapitre 135 sur 147 · CHAPITRE III. 5îr · texte numérisé non relu

CHAPITRE III. 5îr

conflit dans lequel ils ne pouvaient être victorieux qu'aux dépens do la paix et de l'ordre publics. Scymour lui-même fut subjugué par la grandeur et l'immmencc du danger, llowe lui-même jugea prudent de tenir un langage conciliant. Ce n'était pas, disait-il, le moment de se quereller ; le parti de la Cour et celui de la nalion se composaient également d'Anglais, leur devoir était d'oublier tous les griefs passés et d'agir de concert dans le but de sauver le pays.

En un moment tout changea d'aspect. Un message des Lords fut annoncé. Ce message mit fin à bien des inquiétudes. Le bill avait passé sans amendements.

Les chefs des mécontents qui, quelques minutes auparavant, effrayés de la crise causée par leur violence, avaient parlé de la nécessité du pardon mutuel et de l'union intime, redevinrent à l'instant aussi implacables que jamais. Un danger, disaient-ils, était conjuré ; jusque-là c'était bien, mais c'était le devoir des représentants du peuple de prendre les mesures nécessaires pour prévenir le retour d'un pareil danger. Tous les conseillers de la couronne qui avaient contribué à procurer ou à se faire accorder des concessions exorbitantes devaient être exclus des Conseils du roi. Une liste des conseillers privés était sur la table, conformément à l'ordre qui en avait été donné deux jours auparavant. Le greffier reçut l'ordre de la lire. On laissa passer, sans faire d'observation, le prince George de Danemark et l'archevêque de Cantorbéry ; mais aussitôt que le nom (lu Chancelier fut prononcé, la rage de ses ennemis éclata. Deux fois déjà, dans le cours de cette session orageuse, ils s'étaient efforcés de détruire sa fortune et

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courage manqua au Primat. Il avait lutté obstinément jusqu'au dernier moment; mais il sentit probablement quelle responsabilité ce serait pour lui et pour son ordre de précipiter le royaume entier dans la confusion. Il se leva et sortit précipitamment de la Chambre en faisant signe à quelques-uns de ses collègues. Ceuxci le suivirent avec un empressement qui, quelque sérieuse que fût la crise, occasionna une grande hilarité. En conséquence de cette défection, la motion fut adoptée à une majorité de cinq voix. Pendant ce temps, les membres de l'autre Chambre attendaient les nouvelles avec impatience. Ils avaient été alternativement enflés d'orgueil ou abattus par les rapports qui se succédaient avec rapidité. D'abord on espéra que les Pairs céderaient, ce qui causa une satisfaction générale ; puis arriva la nouvelle que la majorité des Lords avait voté pour le maintien des amendements. « Je crois, écrivait Vernon le jour suivant, je crois qu'il n'y avait pas un seul homme dans la Chandire qui ne considérât la nation comme perdue. >> On lit évacuer le vestibule ; on ferma à clef les portes de derrière ; les clefs furent déposées sur la fable ; le sergent d'armes reçut l'ordre de prendre son posle à la porte d'entrée, et de ne laisser sortir aucun membre. Ces mesures furent suivies d'un intervalle solennel, pendant lequel les passions violentes de l'assemblée parurent être dominées par une véritable terreur. Quelques-uns des chefs de l'opposition, hommes d'un caractère grave et possédant des biens considérables, furent saisis d'effroi en se voyant engagés, — ils savaient à peine comment, — dans un ronllit dont ils n'avaient pas prévu l'importance, un

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