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coiidit dans lequel ils ne pouviiient être victorieux qu'aux dépens de la paix et de l'ordre publics. Soymour lui-nicme fut subjugué par la grandeur et l'imminence du danger, llowe lui-même jugea prudent de tenir un langage conciliant. Ce n'était pas, disait-il, le moment de se quereller ; le parti de la Cour et celui de la nation se composaient également d'Anglais, leur devoir était d'oublier tous les griefs passés et d'ag'ir de concert dans le but de sauver le pays.
En un moment tout cbaugea d'aspect. Un message des Lords fut annoncé. Ce message mit fin à bien des inquiétudes. Le bill avait passé sans amendements.
Les cliefs des mécontents qui, quelques minutes auparavant, effrayés de la crise causée par leur violence, avaient parlé de la nécessité du pardon mutuel et de l'union intime, redevinrent à l'instant aussi implacables que jamais. Un danger, disaient-ils, était conjuré ; jusque-là c'était bien, mais c'était le devoir des représentants du peuple de prendre les mesures nécessaires pour prévenir le retour d'un pareil danger. Tous les conseillers de la couronne qui avaient contribué à procurer ou à se faire accorder des concessions exorbitantes devaientêtre exclus des Conseils du roi. Une liste des conseillers privés était sur la table, conformément à l'ordre qui en avait été donné deux jours auparavant. Le greffier reçut l'ordre de la lire. On laissa passer, sans faire d'observation, le prince George de Danemark et l'arcbevêque de Cantorbéry ; mais aussitôt que le nom du Cbancelier fut prononcé, la rage de ses ennemis éclata. Deux fois déjà, dans le cours de cette session orageuse, ils s'étaient efforcés de détruire sa fortune et
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lumées depuis assez longtemps, et la Chambre se sépara. Ainsi se termina une des journées les plus émouvantes, les plus turbulentes et les plus remarquables, pour des causes diverses, de l'histoire parlementaire.
On ne peut que deviner ce qu'aurait produit le lendemain si le temps avait été laissé aux différents partis pour renouveler les hostilités. Les subsides avaient été votés. Le roi était décidé à ne pas recevoir l'adresse qui lui demanderait de disgracier ses amis les plus chers et les plus sûrs. Il aurait empêché que cette adresse ne passât en prorogeant le Parlement le jour précédent, si les Lords ne s'étaient pas levés aussitôt après avoir consenti au Bill de Reprise. Il était venu de Kensinglon à la Trésorerie dans ce but : le manteau royal et la couronne étaient préparés. 11 eut soin d'arriver à Westminster de bonne heure. Les membres des Communes s'étaient à peine assemblés quand on entendit le coup frappé à la porte par l'huissier de la Yergc Noire. Ils se rendirent à l'autre Chambre. Les bills furent passés, et Bridgevvater, par ordre du roi, |)rorugea le Parlement. Pour la première fois depuis la Révolution, la session se termina sans un discours du trône. Guillaume était trop mécontent pour remercier les Communes et trop prudent pour les réprimander * . . .
Depuis quelques années la santé de Jacques déclinait, et le Vendredi-SainI de l'année 1701 il avait reçu une secousse dont il ne s'était jamais remis. Pendant qu'il
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écoutait le service divin dans sa chapelle, il eut une attaque et demeura longtemps insensible. Quelques personnes s'imaginèrent que les paroles de l'Antienne chantée par les choristes lui avaient causé une émotion trop violente pour être supportée par un corps et un esprit affaiblis ; car cette Antienne était empruntée à cette plaintive élégie dans laquelle un serviteur du vrai Dieu, éprouvé par une multitude de chagrins et d'humiliations, banni, soupirant après son pays et vivant de la libéralité des étrangers, regrettait le trône renversé et le temple désolé de Sion : « Souviens-toi, ô Éternel, de ce qui nous est arrivé ; regarde et vois notre opprobre. Notre héritage a été livré à des étrangers; nos maisons ont été envahies, La couronne est tombée de notre tète. Pourquoi nous délaisses-tu à jamais? »
Il fut reconnu que la maladie du roi était une paralysie. Fagon, le premier médecin de la cour de France, et pour les questions médicales l'oracle de toute l'Europe, prescrivit les eaux de Bourbon. Louis, avec sa générosité habituelle, envoya à Saint-Germain dix mille cens en or pour les frais du voyage, et ordonna que toutes les villes situées sur la route recevraient son bon frère avec tous les honneurs dus à la royauté ^
Lorsque Jacques, après avoir passé quelque temps à Bourbon-l'Archambaud, revint dans les environs de Paris, sa santé était assez améliorée pour lui permettre de monter à cheval; mais sa mémoire et son jugement étaient évidemment altérés. Le 15 septembre, il eut une seconde attaque dans sa chapelle, et il devint bien-
' Viede Jacqueii;Sinn\.-S'imon, Daiigeau.
tôt clair que c'était le coup de grâce. Il rassembla les dernières forces de son corps et de son esprit aflaiblis pour protester de sa forme croyance dans la religion pour laquelle il avait tant sacrilié. Il reçut les derniers sacrements avec les marques de la plus grande dévotion, exhorta son fils à rester fidèle à la vérilable foi en dépit de toutes les tentations, et supplia Middieton qui, presque seul parmi les courtisans assemblés dans la Chambre, professait la religion protestante, de chercher un refuge contre le doute et 1 erreur, dans le sein de la seule Église infaillible. Après que l'extrème-onction lui eut été administrée, Jacques déclara qu'd pardonnait à tous ses ennemis et mentionna en particulier le prince d'Orange, la princesse de Danemaik et l'Empereur. Il répéta le nom de l'Empereur avec une emphase particulière. « Remarquez, mon père, dit-il à son confesseur, que je pardonne à l'Empereur du fond de mon cœur. » Il p^ul sembler étrange qu'il ail considéré ce pardon comme le plus pénible de tous les actes de la charité chrétienne. Mais on doit se souvenir que l'Empereur était le seul prince catholique-romain encore vivant qui eût été complice de la Révolution, et que Jacques pouvait, non sans quelque raison, considérer les Catholicjues qui avaient contribué à la Révolution comme plus inexi usables que les hérétiques, qui avaient pu se persuader qu'en violant leur devoir envers lui ils remplissaient leur devoir envers Dieu.
Pendant (pie Jacques pouvait encore comprendre ce qu'on lui disait, et l'aire des réponses intelligibles, Louis lui retulil deux lois visite. Les exdés an-lais observèrent que jusqu'au dernier moment le Roi Très-Chrétien était