IV
Cependant on attendait avec impatience le retour de Guillaume. De Loo il était allé à Bréda, où il avait passé quelque temps à faire la revue de ses troupes et à conférer avec Marlborough et Ileinsius. Il espérait èlre en Angleterre dans les premiers jours d'octobre. Mais les vents contraires le retinrent trois semaines à La Haye. Enfin, dans l'après-midi du 4 novembre 1701, on sut à Londres qu'il avait débarqué le matin à Margate. On fit de grands préparatifs pour son entrée dans la capitale le lendemain, treizième anniversaire de son débarquement dans le Devonshire. Mais traverser Londres par le pont, le long de Cornhill, de Cheapside, de Fleet slreet et du Strand, eût été un effort au-dessus de ses forces. Il couclia donc à Greenwicli et se rendit de là au palais d'IIamplon- Court sans entrer dans Londres ; cependant son retour n'en fut pas moins célébré par la populace avec toutes sortes de démonstrations de joie et d'attachement. Toute la nuit brilla la ilamme des feux de joie et retentit la détonation de la poudre. Dans chaque paroisse, depuis Mile-End jus- ([u'à^ Saint-James, on pouvait voir, trônant sur les épaules de robustes porteurs protestants, un Pape rc' vètu d'étincelants oripeaux et couronné d'une tiare de carton avec un diable au front cornu, au pied fourchu et une (pieue de serpent , qui parlait à l'oreille de sa Sainteté.
Même dans son château hors de Londres, le roi ne put trouver un refuge contre l'affection inqiortune de son peuple. Toute la journée il se voyait assiégé par les dépntations des villes, des comtés, des universités. 11 était épuisé par la fatigue d'écouter des harangues cl d'y répondre, écrivait-il à Ileinsius. Cependant tout le