‹ Histoire du règne de Guillaume III (volume 3)Chapitre 141 sur 147 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

royaume avait les yeux tournés vers llampton-Court. Tous les ministres s'y réunissaient. Les hommes les plus éminents du parti qui avait perdu le pouvoir étaient venus y rendre leurs devoirs à leur souverain et le féliciter de son heureuse arrivée. On remarqua que Somers et Halifax, si cruellement persécutés, quelques mois auparavant par la Chamhre des communes, furent accueillis avec des marques d'estime et de hienveillance auxquelles Guillaume n'avait guère habitué ses courtisans anglais. Les rangs inférieurs des deux grandes factions étaient violemment agités. Les Whigs, récemment battus et découragés, étaient remplis d'espoir et d'ardeur; les Tories, naguère triomphants, perdant leur sécurité, s'alarmaient et s'irritaient. AVhigs et Tories attendaient avec une anxiété extrême la solution d'une question grave et pressante : Y aurait il une dissolution? Le 7 novembre, le roi posa cette question devant son Conseil privé. Le bruit courut, et la chose est très-probable, que Jersey, Wright et Hedges opinèrent pour la conservation du Parlement existant. Mais ils n'étaient pas de ces hommes dont l'opinion pouvait avoir beaucoup de poids sur Guillaume, et Rochester, dont l'opinion en aurait eu davantage, parti pour prendre possession de sa vice-royauté quelques jours avant la mort de Jacques, était encore à Dublin. Cependant Guillaume, comme il l'avoua à Heinsius, éprouva quelque peine à se décider. Il ne doutait pas que de nouvelles élections ne lui donnassent une meilleure Chambre des communes ; mais les élections générales entraînaient des délais, et les délais pouvaient causer beaucoup de mal. Après avoir pesé

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ces considérations pondant quelques heures, il se détermina à dissoudre.

Les lettres de convocation furent expédiées en toute hâte, et en trois jours tout le royaume fut agité de la lièvre électorale. Jamais, — ainsi le disait la dépêche envoyée à La Haye par l'ambassade hollandaise, — jamais on n'avait vu plus d'intrigues, plus de brigues, plus de virulence dans l'esprit de parti. — Ce fut dans la capitale que les premières luttes sérieuses s'engagèrent. Les choix des collèges métropolitains étaient attendus avec impatience comme l'augure du résultat général. Toutes les plumes des pamphlétaires de Gruh- Street, toutes les imprimeries de la Petite-Bretagne étaient en activité. Des brochures pour et contre chaque candidat, étaient adressés à tous les votants. Les deux camps échangeaient continuellement leurs cris de guerre. Presbytérien, Papiste, âme damnée de la Hollande, pensionnaire de la France, étaient les appellations que se prodiguaient les candidats et leurs partisans. La récrimination des Whigs contre les Tories était que les Tories avaient, pour le malveillant plaisir de mortifier le roi, exposé le royaume aux dangers et aux insultes du dehors. Ils avaient inconstilulionnellement empiété à la fois sur la législature et les fonctions judiciaires de la Chambre des Lords, converti la Chambre des communes en une nouvelle Chambre-Etoilée et abusé de privilèges qui ne devaient jamais être employés qu'à la défense de la liberté, pour en faire les instruments d'une tyrannie capricieuse : sans égard pour la loi, l'équité naturelle ou la décence, ils avaient persécuté le grand amiral qui avait sauvé l'EUit à 1 1

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