CHAPITRE III. 5C
llogiie, le grand financier qui avait relevé le crédit public, et le jirand magistrat que tous ceux qui n'étaient pas aveuglés par la prévention reconnaissaient cire par sa vertu et sa sagesse, par son art et son éloquence, le premier des jurisconsultes et des hommes d'VAM vivants de l'Angleterre.
Les Tories répondaient qu'ils n'avaient été (jue trop modérés, que trop indulgents ; qu ils ne s'étaient servis des warrants du président et des droits de la majorité qu'avec trop de ménagements, mais que s'ils récupéraient jamais cette majorité ils accuseraient les trois chefs vvhigs qui se croyaient à l'abri, non plus de simples délits, mais de haute trahison. Il fut bientôt évident que ces menaces ne pourraient être de si tôt exécutées. Quatre Whigs et quatre Tories se disputaient l'élection de la Cilé de Londres. Les premiers voles par mains levées furent pour les Whigs. Le poil fut réclamé et les Whigs obtinrent deux votes contre un sir John Levison Gower, qu'on supposait avoir.gagné les bonnes grâces de tout le corps des boutiquiers par quelques actes de sa conduite parlementaire, qui se portait comme candidat tory pour Westminster. Les journaux rappelaient pompeusement aux électeurs les services qu'il avait rendus au commerce. Mais la peur du roi de France, du pape et du Prétendant prévalut, et sir John resta le dernier sur la liste des suffrages. Soulhwark non-seulemenl nomma des Whigs, mais leur donna un mandat très-prononcé dans le sens du Whigisme.
Dans les provinces, la balance fut plus égale qu'à liOndres. Cependant on annonçait de tous les côtés que les Whigs avaient reconquis au moins une partie
ôi.
du terrain perdu. Wliarton retrouvait son influence dans le Buckinghamshire, tandis que Musgrave essuyait un échec dans le Westmoreland. Rien ne fit plus de tort aux candidats tories que l'histoire du souper d'adieux de Poussin. Leurs acrimonieuses invectives nous apprennent que la malheureuse découverte des trois membres du Parlement à la taverne des Poteaux-Bleus coûta, à trente honnêtes représentants, la perte de leurs sièges à la Chambre. Un de ces trois criminels, Tredenham, resta impuni • car la domination de sa famille sur le bourg de Saint-Mawes était proverbialement une dénomination absolue. Les deux autres eurent le sort qu'ils méritaient : Da venant cessa de représenter Bedwin. Ilammond, naguère vu avec tant de faveur à l'université de Cambridge, fut battu par une grande majorité, et il eut pour remplaçant la plus grande gloire du parti whig, Isaac Newton .
Un district électoral fixait les regards inquiets de tous les patriotes: c'était le Glouccstershire. On se demandait quel serait le choix des électeurs de ce grand comté dont on connaissait le patriotisme et les nobles sentiments. Confieraient -ils encore leurs intérêts à l'impudent et scandaleux personnage, au renégat, au calomniateur, au charlatan qui, pendant les treize ans de sa carrière parlementaire, avait outragé les honnêtes gens de tous les partis avec une malignité qui ne pouvait être contenue que par la peur d'un châtiment corporel, et qui, dans la dernière session, s'était fort signalé encore par la cour abjecte (ju'il avait fiiite à Louis et par son emportement envers Guillaume?
L'élection du Glouccstershire devint une affaire na-