‹ Histoire du règne de Guillaume III (volume 3)Chapitre 15 sur 147 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

Jes qiiatorziènio el quinzième siècles. La (lernière de ces lois était celle qui, en 1485, immédiatement après la bataille de Bosworth, annula les donations des rois de la maison d'York. Depuis cette dernière date plus de deux cents ans s'étaient écoulés sans acte de reprise. Une propriété provenant de la libéralité royale avait été pendant longtemps universellement regardée comme aussi sûre qu'une propriété transmise de père en fils, depuis que Guillaume le Conquérant avait fait établir le grand cadastre du royaume '. Nul titre n'était considéré comme plus parfait que celui des Russell à la possession de ce domaine de Woburn donné jiar Henri VIll au premier comte de Bedford, ou que celui des Cecil à la possession de Halfield, acheté à la couronne pour moins du tiers de sa valeur réelle parle premier comte de Salisbury, Le Long-Parlement lui-même, par ce célèbre instrument en dix-neuf articles qui fut rédigé expressément dans le but de faire du roi un simple doge, ne proposait pas de l'empêcber de disposer à son gré de ses parcs et de ses châteaux, de ses pêcheries et de ses mines. Après la restauration, sous le gouvernement d'un prince facile, qui avait, il est vrai, peu de dispositions à donner, mais^ qui ne savait pas prendre sur lui de refuser, un grand nombre de belles fortunes particulières avaient été taillées, pour ainsi dire, dans les domaines de la couronne. Quelques-unes des personnes qui furent ainsi enrichies, Albemarle, par exemple, Sandwick et Clarendon, avaient peut-être mérité la faveur de leur maître par leurs services ; mais il en

' The Domesday Book.

était d'autres qui n'avaient fait qu'amuser ses loisirs ou favoriser ses vices. Ses maîtresses avaient reçu de magnifiques dotations, et des propriétés suffisantes pour soutenir le rang le plus élevé dans la pairie avaient été réparties entre ses enfants illégitimes. Que ces dons, bien qu'étant de pures prodigalités, fussent strictement légaux, c'est ce que les Etals du royaume admirent tacitement en 1089 lorsqu'ils énumérèrcnt et condamnèrent les actes inconstitutionnels des rois de la maison de Stuart. Ni dans la Déclaration des Droits ni dans le 1)111 des Droits il n'y a un mot à ce sujet. Guillaume crut donc qu'il lui était permis de donner ses domaines héréditaires aussi librement que ses prédécesseurs avaient donné les leurs. La profusion avec laquelle il récompensa ses favoris hollandais excita de vifs murmures, et nous avons vu que, dans une certaine circonstance, en 1696, la Chambre dos communes intervint pour restreindre sa libéralité. Une adresse lui fut présentée pour le prier de ne pas octroyer à Portland un territoire étendu dans le nord du pays de Galles. Mais il faut observer que, bien que dans cette adresse elles exprimassent en termes énergiques l'opinion que ce don serait funeste, les Communes n'en contestèrent pas, et que par conséquent elles doivent être considérées comme en ayant admis la parfaite légalité. Le roi céda toutefois^ et Portland fut forcé de se contenter de dix ou douze manoirs dispersés dans différents comtés, depuis celui de Cumberland jusqu'à celui de Sussex.

Il semble donc évident que nos princes pouvaient, d'après la loi du pays, faire de leurs domaines hérédi-

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