CHAPITRE I
illégales, celles de son oncle l'étaient anssi. Et si les unes comme les autres étaient illégales, il était absurde de dire que le simple laps de temps constituait entre elles une dilférence ; car non-seulement c'était un des principes élémentaires de la loi qu'il n'y avait pas de prescription contre la loi, mais encore les trente-huit années qui s'étaient écoulées depuis la Révolution n'eussent pas siifli ponr interdire une ordonnance judiciaire introduite par un demandeur privé contre un tenancier mal fondé. On ne pouvait non plus prétendre que Guillaume eût montré moins de discernement que Charles et Jacques dans la distribution de ses faveurs. — Ceux qui étaient le moins bien disposés pour les Hollandais n'auraient pas osé soutenir sérieusement que Portland, Zulestein et Ginkcll étaient moins dignes des munificences royales que la duchesse de Cleveland et la duchesse de Portsmouth, que la postérité de Nellr Gwyun, l'apostat Arlington ou le boucher Jeffreys, L'opposition consentit donc en murmurant à ce que proposait le ministère. A partir de ce moment, le sort du projet fut décidé. Chacun affecta d'être pour et chacun en réalité était contre. Les trois bills furent présentés ensemble et passèrent ensemble à la seconde lecture, ils furent renvoyés ensemble au comité, et là, après avoir commencé par les mutiler, on finit par les laisser tomber tranquillement.
Dans l'histoire de la législation financière de cette époque, il y a quelques épisodes qui méritent d'être signalés. Les membres de la Chambre, et ils étaient nombreux, qui jalousaient et crnignaient Montagne, se firent avec empressement, sans le savoir, les instru-
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ments de la rancune de Sunderlnnd, que Montagne avait refusé de défendre, et qui, bien que détcsié par l'opposition, était parvenu avec son adresse ordinaire, à exercer sur ce parti une certaine influence, en se servant de Ciiarles Imncombe. Ce dernier, il est \rai, avait ses raisons particulières pour liaïr Montagne, qui lui avait été sa place de caissier de l'Excise. Une accusation sérieuse fut portée contre le bureau de la Trésorerie et spécialement contre son cbef. Montagne était l'inventeur des billets de l'Kcbiquier, qui portaient le nom populaire de billets de Montagne. Il avait obtenu (bi Parlement que ces billets, même quand ils subiraient un escompte sur le marcbé, seraient reçus au pair par les collecteurs du revenu. Cette disposition législative, si elle eût été appliquée avec bonnèteté, n'aurait donné lieu à aucune objection. Mais le bruit courait partout qu'il y avait eu manœuvres déloyales, péculal et même faux. Duncombe lança les imputations les plus graves contre le bureau de la Trésorerie et prélendit qu'il n'avait été renvoyé de sa place que parce (pi'il était trop clairvoyant pour se laisser tromper et trop bonnéle pour* se joindre à ceux qui trompaient le public. Les Tories et les Wliigs mécontents, animés par l'espoir de convaincre Montagne de malversation, demandèrent avec ardeur une enquête. Une enquête hit instituée; mais le résultat désajipointa et de plus conl'ondil entièrement les accusateurs.
Le ministère persécuté obtint à la lois nn acquittement conqdet et une revancbe signalée. L'enquête amena la découverte de certains dél.iils qui send)lèrent indiquer que Ihnicombe lui-même n'était pas à l'abri