‹ Histoire du règne de Guillaume III (volume 3)Chapitre 22 sur 147 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

raisons qui semblent bonnes aux politiques à courte vue. Une assemblée comjjosée d'iiommes qui presque tous doivent leur opulence à rhéritaiîe et qui ne sont pas dans la nécessité de faire la cour à des corps électoraux, ne se laissera pas f;icilement entraîner par la passion ni séduire par le sopbisme jusqu'à commettre un vol. Lorsque le bill destiné à punir Duncombe eût été lu à la Chambre des pairs, il devint évident que la lutte serait vive. Trois des principaux nobles du parti tory, Rochester, Nottingbam et Leeds, se mirent à la tète de l'opposition, et il se joignit à eux des hommes (jui d'ordinaire ne suivaient pas leurs bannières. Dès le début de la discussion, il s'éleva une question nouvelle et embarrassante. Comment avait été prouvée la vérité des faits exposés dans le préambule? Comment avait-on su que Duncombe avait commis les iVaudes pour les- (pielles on proposait de le punir d'une manière si exliaordinaire? Dans la Chambre des communes, il avait été pris par surprise; il avait fait des. aveux dont il n'avait pas prévu les conséquences, et il avait été tellement déconcerté par la sévérité avec laquelle on l'avait interrogé, qu'il avait iini par tout confesser. Mais, maintenant, il avait eu le temps de se préparer; son avocat lui avait donné des conseils pour le guider dans sa défense; et lorsqu'il fut placé à la barre de la Chambre des pairs, il refusa de s'accuser lui-même en déliant ses persécuteurs de prouver sa culpabilité. Il fut renvoyé à la Tour, Les Lords firent connaître aux Comnumes la difficulté qui venait de s'élever. Une conférence eut lieu dans la Chambre haute, et là Hartington, qui re- [irésentait les Communes, déclara qu'il était autorisé,

GO REGNE DE GUILLADME iri.

par ceux qui l'avaient envoyé, à donner aux Lords l'assurance que ])uncon:d)e avait, dans sa place au Parlement, avoué les méfaits dont il défiait maintenant ses accusateurs de le convaincre. Les Lords, toutefois, pensèrent avec raison que ce serait une chose étrange et dangereuse de recevoir une déclaration de la Chambre des communes dans son caractère collectif, comme une preuve concluante du fait qu'un homme avait commis un crime. La Chambre des communes n'était soumise à aucun de ces freins qu'on jugeait nécessaire dans les cas ordinaires pour protéger les d;3fenseurs innocents contre de faux témoins. La Chambre des communes ne pouvait prêter serment, ne pouvait être interrogée, ne pouvait être poursuivie, emprisonnée, mise au pilori, mutilée pour fait de parjure. A \rai dire, le témoignage de la Chambre des communes dans son caractère collectif avait moins de valeur que le témoignage incontesté d'un seul membre, car ce n'était que le témoignage de la majorité de la Chambre. 11 pouvait y avoir une forte et respectable minorité dont les souvenirs pouvaient différer matériellement de ceux de la majorité, et en réalité c'était le cas en ce moment. En effet, parmi les membres qui avaient entendu les aveux de Duncombe, il s'était élevé une querelle relativement à l'étendue précise de ces aveux; ou avait été aux voix, et la déclaration qu'on demandait à la Chambre haute de recevoir comme décisive sur le point de fait n'avait été votée à la lin que jiar quatre-vingt-dix voix contre soixante-huit. Il semblait donc que, quelle que fût la conviction morale des Lords au sujet de la cul[)abililé de l)uncond)C, ils étaient obligés, en juges droits et sincères, de l'absoudre.

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