‹ Histoire du règne de Guillaume III (volume 3)Chapitre 23 sur 147 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

Après une discussion Irès-animée, la Chambre haute alla aux voix, et le bill fut repoussé j)ar quarante-huit voix contre quarante-sept. Des membres de la minorité proposèrent d'appeler les mandataires des Pairs absents ; mais cette scandaleuse proposition fut combattue avec énergie, et la Chambre, à son grand honneur, déclara que dans des questions qui étaient judiciaires en substance, bien qu'elles fussent législatives en la forme, on ne pouvait permettre à aucun Pair absent d'avoir une voix. Un grand nombre de Lords du parti whig prolestèrent; entre autres Oxford et Wharton. Il est regrettable que l'esprit de parti ait poussé Burnet et l'excellent Hough, alors évoque d'Oxford, à consigner dans leurs mémoires qu'ils n'approuvaient pas une décision qui, aux yeux de tous les hommes raisonnables et sincères d'aujourd'hui, était juste et salutaire. Somers assistait aux débats, mais son nom ne figure pas sur la protestation signée par ses collègues de la Junte. Il n'est donc pas déraisonnable de conclure que, dans cette occasion comme dans beaucoup d'autres, ce sage et vertueux homme d Etat désapprouva la violence de ses amis.

En rejetant le bill, les Lords n'avaient fait qu'exercer leur droit incontestable. Mais, immédiatement après, ils prirent une mesure dont la légalité n'était pas aussi évidente. Rochester proposa de mettre Duncombc en liberté. La motion passa ; un mandat ordonnant l'élargissement du prisonnier fut expédié à la Tour, et Lord Lucas, qui était lieutenant de celte forteresse, obéit sans hésitation. Dès que ce fait fut connu, la colère des Communes éclata avec violence. C'était par leur ordre jv. 6

6'i r.ECiNE DE GUILLAUME III.

que lo parvenu Duncoiri])e avait clé mis eu prison. 11 était leur prisonnier, et c'était de la pari de la Chambre des pairs une nionslrucuse insolence de le relâcher. Les Pairs défendirent ce qu'ils avaient fait par des arguments ingénieux, il faut le reconnaître, sinon salisl'aisanls. Il était bien vrai que DuncomliO avait été, dans l'origine, enfermé à la Tour par les Communes ; mais, disait-on, les Communes, en renvoyant aux Lords un bill qui le frappait d'une peine, leur avaient, par une conséquence nécessaire, également envoyé l'accusé; car il était manifestement impossible aux Lords d'adopter le bill sans entendre ce que Duncombe avait à dire pour sa défense. — Les Communes avaient senti cette vérité et ne s'étaient pas plaintes lorsque, sans leur consentement, Duncombe avait été tiré de sa prison cl j)lacé à la barre des Pairs. — Il avait été ramené de la barre à la Tour, non en vertu du mandat du speaker, dont la force était épuisée, mais en vertu de leur ordre, (jui l'avait renvoyé à une autre audience. Ils pouvaient donc avec une parfaite convenance l'élargir. Quoi qu un juriste eût pensé de ces arguments, ils ne produisirent aucun effet sur les Communes. A la vérité, si viblenl (pie fût à cette époque l'esprit de parti, il était moins violent (pic l'esprit de caste. Lorsqu'une dispute s'élevait entre les deux Chambres, un crand nombre de membres, dans l'une comme dans l'autre, oiibbaienl qu'ils (Haicnl Whigà ou Tories, pour se souvenir seulement qu'ils étaient patriciens ou plébéiens. Dans la circonslaïu'c dont nous parlons, nul n'éleva la voix aussi haut, pour défendre le> privilèges des représentants du (leiiplt! (.nuire les empiétemenlsde la noblesse,

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