‹ Histoire du règne de Guillaume III (volume 3)Chapitre 24 sur 147 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

que Ilarley. Duncombo fut arrêté de uouveau par le sergent d'armes et resta en prison jusqu'à la fin de la session. Quelques hommes ardents voulaient présenter une adresse au roi pour lui demander la destitution de Lucas. Ce projet ne fut pas mis à exécution ; mais pendant plusieurs jours la mauvaise humeur de la Chamhre basse se manifesta par un manque de courtoisie affecté. Les Lords avaient besoin d'entendre un membre des Communes comme témoin dans une affaire dont ils s'occupaient ; ils envoyèrent deux juges avec un messager pour demander aux Communes la permission de l'interroger. En tout autre temps, on eût fait entrer immédiatement les juges et la permission eût été accordée sans difficulté ; mais, dans cette circonstance, on laissa les juges attendre plusieurs heures à la porte, et l'on fit tant de difficultés pour accorder la permission, que les Pairs cessèrent d'insister sur une demande ([ui semblait devoir être repoussée d'une manière disgracieuse.

L'attention du Parlement fut, dans le reste de la session, principalement occupée par des questions commerciales. Quelques-unes de ces questions demandèrent une si longue étude et donnèrent lieu à des discussions si vives, que la prorogation n'eut lieu que le 5 juillet. Il y eut par suite quelques maladies et beaucoup de mécontentement dans la Chambre des lords comme dans celle des communes ; car, à cette époque, la saison de Londres finissait habituellement bientôt après que le coucou avait fait entendre ses premiers chants et avant que les mâts ornés de banderoles et dressés sur les places publiques eussent donné le signal

C4 RÈGNE DE fiUILLAUME III.

des réjouissances de toute espèce qui saluaient le retour du 1" mai dans l'ancien calendrier. Depuis l'aimée de la Révolution, année qui fut une exception à toutes les règles ordinaires, les membres des deux Chambres ne s'étaient jamais trouves retenus loin de leurs bois et de leurs meules de foin, même aussi tard que le commencement de juin.

Peu de temps après leur réunion, les Communes avaient nommé un comité pour l'aire une enquête sur l'étal du commerce, et elles avaient renvové à ce comité plusieurs pétitions de marchands et de manufacturiers qui se plaignaient d'être en danger de vendre à plus bas prix que l'étranger et qui demandaient un surcroît de protection.

Un rapport très-curieux sur l'importation de la soie et l'exportation de la laine ne tarda pas à être présenté à la (Chambre. A cette époque, tout le monde, sauf un très-petit nombre d'esprits spéculatifs, croyait que la saine politique commerciale était de tenir éloigné du pays les tissus délicats et richement nuancés des métiers du Midi, et de garder dans le pays la matière brute sur laquelle travaillaient la plupart des métiers nationaux. Le rapport dont nous jiarlons démontrait que, pendant huit années de guerre, les tissus dont il était désirable d'empêcher 1 importation étaient entrés constamment, taudis que la matière dont on jugeait nécessaire d'empêcher l'exportation était constanunent sortie. Cet échange — échange pernicieux pour l'Angleterre, ainsi qu'on se limaginail alors — s'était en grande partie opéré par une association de réfugiés huguenots résidant à Londres. Des Hottes entières de bateaux chargés

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