‹ Histoire du règne de Guillaume III (volume 3)Chapitre 35 sur 147 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

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(ience de nos souverains, et ils disaient souvent que c'était un malheur que le grand incendie n'eût pas épargné le vieux portique de Saint-Paul ainsi que les imposantes arcades de la Bourse de Gresham pour prendre en échange ce vieil et laid lahyrinthe de bri- (|ues sombres et de charpente recouverte de plâtre. On pouvait espérer maintenant que Londres aurait son Louvre. Les cendres du vieux palais n'étaient pas encore refroidies, que déjà on faisait circuler et on discutait des plans pour en construire un nouveau . Mais Guillaume, qui ne pouvait respirer dans l'air de Westminster, était peu disposé à dépenser un million dans une demeure qu'il lui aurait été- impossible d'habiter. Bien des gens le blâmèrent de ne pas relever l'habilation de ses prédécesseurs, et quelques Jacobites que la mauvaise humeur et des déceptions répétées avaient presque rendus fous, l'accusèrent de l'avoir brûlée. Ce ne fut que longtemps après sa mort que les écrivains tories cessèrent de réclamer la reconstruction de AVhitehall et de se plaindre que le roi d'Angleterre n'eût pas à Londres de plus beaux palais que Saint-James, tandis que le délicieux emplacement où les Tudors et les Sluarts avaient tenu leurs conseils et leurs fêtes était couvert des hôtels des courtisans agioteurs de Guillaume '.

* Gazette de Londres, G janvier 1697-98; le Postman, de la même date; Van Cleverskirke, ^ janvier ; Vllermitage, f^ ^^ janvier ; Journal d'Evelyn ; VEspion de Londres, de Ward ; Guillaume à Heinsius, •f; janvier. « La perte, écrit le roi, est moins sensible pour moi qu'elle ne le serait pour toute autre personne, car je ne peux vivre dans ce palais. Cependant elle est sérieuse. » En 1758 encore, Jolinson représenlait nnJacoljite fanatique comme fcrinement convaincu que Cuillaume avait liiùlé Wliiteliall pour en voler le mobilier [Idler,n° 10). Pope, dans la Forêl de Windsor, poëme qui a une teinte de torysnie plus foncée

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La mémo semaine qui vil la dostructioii de Whileliall fournit aux hahilanls do Londres un nouveau sujet de conversation par une visite royale, visite (|ui, de toutes celles de ce genre, fut la moins pompeuse, la moins cérémonieuse, et cependant la plus intéressante et la |)his importante. — Le 10 janvier, un vaisseau arrivant de Hollande, jetait l'ancre en vue de Grcenwich et il était accueilli avec un grand respect. Pierre I''', le czar de Moscovie, était à hord. Il prit un bateau, accompagné de quelques porsomios et remonta à rames la Tamise jusqu'à Norfolk-Street, où une maison donnant sur le fleuve avait été préparée pour le recevoir.

Son voyage est une époque non-seulement dans l'histoire de son pays, mais encore dans celle du nôtre, et même dans celle du monde. Pour les nations policées de l'Europe occidentale, l'empire de Pierre I" était ce qu'est pour nous Bokliara ou Siam. Cet empire, il est vrai, bien que moins étendu qu'il ne l'est à présent, était le plus vaste qui eût jamais obéi à un seul chef. Les États d'Alexandre et de Trajan étaient peu de chose en comparaison de la surface immense d»i désert de Scvtliie ; mais, aux ve\jx des hommes d'Klal, cette étendue sans bornes de forêts de mélèzes et do marécages, où une neige épaisse couvrait le sol pondant huit mois de l'année, où des paysans misérables avaient peine à défendre leurs cabanes cpnirc des bandes de loups affa-

qir;uiiiiii lie SCS aulros oiivriiiics, jin'd'il la iivonipti' rocoiislniotion liii ]i;il;iis iiKoiulii'' :

« Ji' vois, où deux ciiôs lomlpiil lour .tix immense, «Qu'un nouveau V\ hiteliall à l'Iiori/on s'élanre. •

Voyez encore les amères n^flcxions de Riii|ili sur les mines ilc >Vliitelinli.

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inés, avait moins de valeur ([wa les deux ou liois milles carrés où venaient s'entasser les comptoirs, les magasins et les innombrables vaisseaux d'Amsterdam . Sur la Baltique, la Russie ne possédait pas à cette époque un seul port : son commerce maritime avec les autres nations de la chrétienté se faisait tout entier à Archangcl, établissement qu'avaient créé et que soutenaient des aventuriers partis de notre pays sous les Tudors. Vn vaisseau anglais qui cborchait au nord-est un passage pour se rendre au pays de la soie et des épices, avait découvert la mer Blanche. Les barbares qui habitaient sur les bords de ce goll'e inhospitalier n'avaient jamais vu jusqu'alors une chose aussi elfrayanle qu'un vaisseau de cent soixante tonneaux; saisis de terreur, ils prirent la fuite ; on les poursuivit et lorsqu'on les eut atteints, ils se prosternèrent devant le chef des étrangers et baisèrent ses pieds. Il réussit à ouvrir avec c\\\ des communications amicales, et c'est à partir de cette époque qu'il s'était établi, entre notre pays et les sujets du czar, des relations commerciales régulières. Une compagnie russe fut incorporée à Londres, et une factorerie anglaise bâtie à Archangel. Cette factorerie était, il est vrai, même vers la fin du dix septième siècle, un bâtiment grossier et primitif : les murs étaient formés de troncs d'arbres superposés, et le toit d'écorcc de bouleau. Cet abri, toutefois, suffisait dans les longs jours d'été des régions arctiques. Piégulièrement, à celte saison, plusieurs vaisseaux anglais jetaient l'ancre dans la baie ; une foire se tenait sur le rivage ; les commerçants venaient d'une distance de plusieurs centaines de milles, au seul marché où ils pussent échanger le

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clmnvic et le goudron, les peaux ci le suif, la cire et le miel, la fourrure de la zibeline et de la wolverenne, enfin le frai de l'esturgeon du Volga, contre les étoffes de Manchester, la coutellerie de Sheffield, les boutons de Birmingham, le sucre de la Jamaïque et le poivre de Malabar. Le commerce de ces objets se faisait ouvertement, mais il y avait un trafic secret qui n'était ni moins actif ni moins lucratif, bien que les lois russes l'eussent déclaré punissable, et les théologiens russes, digne de damnation. En général, le Moscovite recevait avec un profond respect les ordres de ses princes et les préceptes de ses prêtres, mais l'autorité de ses princes et de ses prêtres réunis ne pouvait l'empêcher de faire usage du tabac. 11 ne pouvait se procurer de pipes, mais une corne de vache lui en tenait lieu, et de la foire d'Archangel, des rouleaux du meilleur tabac de Virginie pénétraient promptement jusqu'à IS'ovogorod etTobolsk.

Les relations commerciales entre l'Angleterre et la Russie rendirent nécessaires quelques relations diplomali(jues, toutefois ces dernières n eurent lieu que par occasion ; le c/.ar n'avait pas ici de ministre permanent; de notre côté, nous n'en avions pas à Moscou, nous n'avions pas même de consul à Archangel. Trois ou quatre fois dans un siècle, des ambassades extraordinaires étaient envoyées de AVhiteliall au Kremlin, et du Kremlin à AVbilehall.

Los andiasi^adc's anglaises eurent des historiens dont les récils i)envent se lire encore avec intérêt. Ces historiens décrivaient en traits vifs, et (]uol(pu^lois amers, la sauvage ignorance et la sale pauvreté du pays barbare où ils avaient séjourné. Dans ce pays, disaient-ils, il

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