‹ Histoire du règne de Guillaume III (volume 3)Chapitre 39 sur 147 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

récemment acquis une inlluence qui excilait une vive jalousie. Au nombre des gentilshommes hollandais qui avaient fait voile avec le prince d'Orange dellelvoetsluvs à Torbay, s'en trouvait un nommé Arnold Van Keppel. Keppel avait un caractère doux et obligeant, des manières aimables et une intelligence vive, sinon profonde. Le courage, le dévouement et la discrétion étaient des qualités qu'il possédait en commun avec Portland. Sur d'autres points ces deux hommes différaient beaucoup; Portland était naturellement tout l'opposé d'un flatteur et, après avoir été l'ami intîme du prince d'Orange à une époque où l'intervalle entre la maison d'Orange et la maison Bentinck n'était pas aussi grand qu'il le devint depuis, il avait contracté une habitude de franc parler dont il n'avait pu se défaire lorsque le compagnon de sa jeunesse était devenu le souverain de trois royaumes. C'était un sujet très-dévoué, mais pas très-respectueux. Il n'y avait rien qu'il ne fût prêt à faire ou à souffrir .pour Guillaume,, mais dans ses relations personnelles avec ce prince, il avait une rudesse et parfois une humeur fort déplaisantes. D'un autre côté, Keppel était animé d'un grand désir de plaire et témoignait l'admiration la plus sincère pour un maître que, d'aussi loin qu'il pouvait se souvenir, il avait été accoutumé à regarder comme le premier des hommes de son siècle. Il arrivait donc que le plus jeune courtisan employait assidûment pour plaire des moyens que négligeait le plus vieux.

Dès le printemps de 1091 de sages observateurs

. furent frappés de la manière avec laquelle Keppel épiait

tous les regards du roi et allait au-devant des désirs de

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Sa Majesté avant même qu'elle les eût formulés. Insensiblement le nouvean serviteur s'éleva dans la faveur royale, et à la lin il fut créé comte d'Albemarle et intendant de la garde-robe. Mais son élévation, bien qu'elle fournît aux Jacobites un nouveau sujet d'attaques calomnieuses et indécentes, ne blessa pas tant la nation que l'avait fait l'élévation de Portland. On trouvait les manières de ce dernier sèclies et bautaines ; l'amabilité du caractère d'Albemarle et l'affabilité de ses manières désarmaient l'envie. Portland, malgré sa rigide probité, était avide; Albemarle était généreux. Portland n'avait été naturalisé en Angleterre qu'extérieurement et de nom, Albemarle affectait d'avoir oublié son propre pays et d'être devenu Anglais de sentiment et de manières. Bientôt le palais fut troublé par des querelles dans lesquelles Portland semble avoir été toujours l'agresseur, et il trouva peu d'appui, soit parmi les Anglais, soit parmi ses compatriotes. Guillaume, il est vrai, n'était pas bonnne à écarter un vieil ami pour faire place à un nouveau. En tcute occasion il donnait la préférence au compagnon de sa jeunesse. Portland avait la première place dans la cliambre à coucber. Il exerçait dans l'armée un liant commandement; dans toutes les circonstances importantes on le consultait et on suivait ses avis. Il était beaucoup jdus puissant en Ecosse que le Lord Haut-Commissaire, et beaucoiq) jdus avant dans le secret des affaires étrangères que le secrétaire d'Etat. 11 portait l'étoile de la Jarretière, objet d'envie pour les souverains. Des terres et de l'argent lui avaient été donnés avec une telle libéralité, qu'il était l'un des. plus licbes sujets de l'Europe. Albemaile n'avait jias

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