‹ Histoire du règne de Guillaume III (volume 3)Chapitre 43 sur 147 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

nat, ne paraît pas s'clre élcndiie au delà de la connivence, et Louis était lui-même coupable de connivence. C'est ainsi que l'audience se termina. Tout ce qui restait h faire à Portland, ce fut de déclarer que les exilés devaient opter entre Saint-Germain et cinquante mille livres sterling par an; que le protocole de Ryswick n'obligeait le gouvernement anglais à payer à Marie de 3Iodène que ce que la loi lui donnait ; que la loi ne lui donnait rien, que par conséquent le gouvernement anglais n'était tenu à rien, et que tant que cette princesse, son époux et son fils resteraient où ils étaient, elle n'aurait rien. On espérait que cette déclaration produirait un effet considérable même dans la maison de Jacques; quelques-uns de ses courtisans et de ses prêtres affamés semblent, il est vrai, avoir regardé les chances d'une restauration comme si faibles, qu'il serait absurde de refuser un revenu, magnifiqutî, bien qu'accompagné d'une condition qui pouvait rendre cette faible chance de restauration plus faible encore. Mais il est certain que, s'il y eut des murmures parmi les Jacobites, Jacques n'y fit pas attention : il était fermement résolu à ne pas changer de résidence, et le plaisir d'apprendre que l'usurpateur le considérait conmie un voisin dangereux ne fit que le confirmer dans sa résolution. Louis, par égard pour les plaintes de Portland, fit prier par Middleton — et cette prière «'•quivalait à un ordre — les lords et les gentilshommes (pii formaient la suite du roi banni d'Angleterre de ne pas venir à Versailles les jours où le représentant du roi actuel y était attendu. Mais, dans d'autres lieux, Portland était constamment exposé à une rencontre

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(|ni pouvait amener des duels, sinon une guerre euro- [lùenne, Jae(|ucs, en effet, loin d'éviter ces rencontres, semble avoir pris un plaisir pervers à contrecarrer le désir que montrait son bienfaiteur de maintenir la paix et à placer l'ambassadeur dans des situations embarrassantes. In jour, Son Excellence mettait ses bottes ])our aller faire une battue aux loups avec la célèbre meute du Daupbin, lorsqu'on l'informa fjue le roi Jacques avait l'intention d'être de la paitie, et elle fut forcée de rester cliez elle. Un autre jour. Son Excellence s'étant promis de courir le cerf avec la meute royale, on vint la prévenir, de la part du grand veneur, que le roi Jacques viendrait probablement au rendez-vous sans donner avis de son arrivée. Melfort déployait une activité particulière pour dresser des pièges sous les pas des jeunes nobles et des jeunes genlilsliouunes de la légation. Plus d'une l'ois le prince de Galles fut placé dans une situation telle, que ceux-ci pouvaient diflicilement éviter de j)asser près d(; lui. Fallait-il le saluer? Fallait-il rester debout et couvert tandis que tout le monde à ciMé d'eux le saluait? Aucun Anglais attacln'' au bill des droits et à la religion protestante ne devait aimer à l'aire (|uoi que ce fût qu'on put inlerprétei' connue un acte d'honunagc envers un jtrétendant papiste. Et cependant aucun Anglais, doué d'un bon et généreux caractère, malgré la fermeté de ses principes vvliigs, ne devait être disposé à rien faire (pii put ressembler à un affront envers un enfant irniocent et malheureux.

S\n' ces entrefaites, d'autres affaires d'une grande iuq)()rfanee léelamèrent l'attention de l'oriland. Il était

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