‹ Histoire du règne de Guillaume III (volume 3)Chapitre 45 sur 147 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

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comme loyers de science, soit comme centres clintliistrie manufacturière. On aurait pu créer une seconde principauté florissante entre les Alpes et le Pu, dans ce jardin d'oliviers et de mûriers, si bien arrosé, qui s'étend sur un espace considérable de chaque côté du grand temple en marbre de Milan. Et cependant, ni les Pays-Bas ni le Milanais ne pouvaient, pour les avantages matériels, rivaliser avec les Deux-Siciles, ce pays que la nature avait pris plaisir à orner et à enrichir, ce pays qui eût été un paradis, si, pendant de longs siècles, la tyrannie et la superstition n'avaient fait ])eser toutes leurs pernicieuses influences sur la baie de Campanie, la plaine d'Enna et ces bords du Galèse que le soleil inonde de sa lumière.

En Amérique, les territoires espagnols s'étendaient depuis l'équatcur, au nord et au sud, à travers tous les signes du zodiaque, jusque dans la zone tempérée. C'est de là que venaient les hngots d'or et d'argent qui passaient sous le baluicier de tous les hôtels des monnaies de l'Europe ou qui étaient arlistement travaillés dans toutes les boutiques de bijoutiers de l'Europe et de l'Asie ; c'est de là aussi que venaient le meilleur tabac, le meilleur chocolat, le plus bel indigo, la plus belle cochenille, les peaux d'une multitude de bœufs sauvages, le quinquina, le café, le sucre. La vice -royauté de Mexico ou celle du Pérou, constituée en État indépendant avec ses ports ouverts à tout le monde, eût été un membre important de la grande société des nations.

Et cependant cet empire, compose de tant de parties différentes, dont chacune séparément eût formé un

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Klcit puissant cl (Jijj;ne d'uiic liaule consiclôralioii, élail lonibc à un degré d'impuissance qui excitait à la fois la pitié et la risée. Déjà une très -remarquable expérience avait été tentée sur cet étrange corps : un petit fragment, à peine la trois-centième partie du tout par son étendue, et la trentième à peine par sa population, s'étant détaché du reste, avait, depuis ce moment, commencé à déployer une nouvelle énergie, à jouir d'une nouvelle prospérité; il inspirait maintenant, après le la})s de cent vingt ans, plus de crainte et de respect que le corps entier dont il avait été un coin obscur. Quel contraste entre la Hollande, d'où Guillaume était parti pour délivrer l'Angleterre, et la Hollande, que le duc d'Albe avait oj)primée et pillée! Avec un pareil exemple sous les yeux, qui aurait osé })rédire quels changements pouvaient survenir si la plus indolente et la plus endormie des monarchies était dissoute, et si chacun des mendjres dont elle avait été composée entrait dans une existence indépendante?

La monarchie espagnole était plus exposée qu'iuir autre à un pareil démembrement. Le roi, et le roi seul, la tenait liée dans son ensemble ; les populations qui le reconnaissaient coimne leur chef ou ne savaient rien les unes des autres, ou se regardaient les unes les autres avec une antipathie positive. Le Hiscayen n'élait en aucun sens le conq)atriole du Yalencien, ni le Lombard du Hiscayen, ni le Flamand du Lombard, ni le Sicilien du l'iamand. Les Aragonais n'avaient jamais cessé de regreller, en soupirant, la porte de leur indéj)endauce : un demi-siècle ne s'était pas écoulé depuis que les Catalans s'étaient mis en rébellion ouverte,

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