CHAPITRE I. l
nvaienl supplié Louis Xlli de devenir leur cliel' avec l'ancien lilre de comte de Barcelone, et lui avaient juré Toi et hommage. Avant que les Catalans fussent pacifiés, les Napolitains avaient pris les armes, avaient abjuré leur maître étranger, avaient proclamé une république et élu un doge. Dans le nouveau monde, la caste peu nombreuse des Espagnols natifs, qui avaient la jouissance exclusive du pouvoir et des honneurs, était haïe des créoles et des Indiens, des métis et des quarterons. Les Mexicains, surtout, avaient levé les yeux sur un chef qui portait le nom du malheureux Montezuma et qui était l'héritier de son sang. Ainsi donc semblait-il que l'empire auquel Elisabeth et Henri IV n'avaient résisté qu'avec peine tomberait probablement en pièces de lui-même, et que le premier choc violent du dehors disperserait de tous côtés les fragments mal cimentés du colosse.-
Mais, quoiqu'une semblable dissolution fût envisagée sans terreur par le Catalan ou le Flamand, par le Lombard ou le Calabrais, par le iMexicain ou le Péruvien, la pensée seule était pour le Castillan une torture qui troublait sa raison. La Castille possédait une suprématie dans ce grand assemblage de races et d'idiomes; la Castille envoyait des gouverneurs à Bruxelles, à Milan, à Naples, à Mexico, à Lima. C'est en Castille qu'arrivaient annuellement les galions chargés de trésors de l'Amérique ; c'est en Castille que s'étalaient fastueusement et se dépensaient en faste et en prodigalités ces grandes fortunes faites dans des provinces éloignées au moyen de l'oppression et de la corruption ; enfin, c'est en Castille que résidaient le roi et sa cour. Là