‹ Histoire du règne de Guillaume III (volume 3)Chapitre 47 sur 147 · IV. Il · texte numérisé non relu

IV. Il

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s'élcvuit le somptueux Escurial, autrefois le centre de la politique du monde, le lieu que les potentats rivaux envisageaient, les uns avec espérance et gratitude, les autres avec haine et elTioi, mais aucun sans inquiétude et sans respect. La gloire de ce palais était évanouie, il est vrai ; bien des années s'étaient écoulées depuis que des courriers portant les dépêches qui devaient décider du sort des rois et des républiques étaient sortis de ses sombres portiques. La renommée militaire, la suprématie maritime, la politique jadis réputée si profonde, la richesse jugée inépuisable n'existaient plus. Une armée indisciplinée, une Hotte pourrissant dans les ])orts, un conseil incapable, un trésor vide, étaient tout ce qui restait de tant de grandeurs. Cependant la i)lus ficrc des nations ne pouvait se résigner à renoncer à l'ombre même d'une suprématie à jamais perdue : tous, depuis les grands de première classe jusqu'aux plus humbles paysans, envisageaient avec effroi le moment où il plairait à Dieu de rappeler à lui leur roi. Quelques-uns d'entre eux pouvaient avoir (|uelque prédilection pour l'Allemagne, mais cette prédilection était subordonnée à un sentiment plus fort encore : ce qu'ils désiraient avant tout, c'était l'intégrité de l'empire dont la Caslille était la tète, et le prince qui paraîtrait le plus propre à maintenir cette intégrité aurait le plus de droits à l'honunage et à la lidélitè de tout vrai Castillan.

(Cependant nul lionune de sens, en dehors de la Cas* tille, ne pouvait, quand il réfléchissait à la nature de clI lièritage et à la position des compétiteurs, douter (jn'nn partage ne fut inèsitable. Parmi ces prétendants,

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