‹ Histoire du règne de Guillaume III (volume 3)Chapitre 52 sur 147 · CHAPITRE I. IJO · texte numérisé non relu

CHAPITRE I. IJO

courses du printemps allaieul avoir lieu avec un éclat inusité. L'attrait de celle réunion devait être grand, car le voyage vous exposait h plus d'un risque. La paix avait dans toute l'Europe, et plus pnrticulicrement en Angleterre, transformé un grand nombre de soldats en maraudeiu's ^ Plusieurs équipages aristocratiques avaient été attaqués dans Ilyde-Park. Chaque jour, les journaux racontaient des histoires de voyageurs dépouillés, garrottés et jetés dans les fossés. Un jour la malle de Bristol était dévalisée ; un autre jour c'était le coche de Douvres, et un autre le wagon de Norwich, Sur les hauteurs de Honnslow-Heath une compagnie d'hommes à cheval mascjués attendit les seigneurs qui étaient allés faire leur cour au roi à Windsor. Lord Ossulston en fut quitte pour la perte de deux chevaux ; le duc de Saint-Albans battit les assaillants avec l'aide de ses domestiques; son frère, le duc de Norlhumberland, moins bien gardé, tomba entre leurs mains. Ils réussirent à arrêter trente ou quarante carrosses et s'éloignèrent emportant des valeurs considérables en guinées, montres et joyaux. Cependant nulle part le danger ne

' Il est curieux de lire la relation que fait Georges Psalmanazar de l'état du Midi de la France à celte c[)oquc. Sur la grande route, près de Lyon, il passait souvent sous des poteaux ou des gibets auxquels étaient pendus des cadavres. «. C'étaient, dit-il, des voleurs ou plutôt des soldats, des marins et même des rameurs de galères licenciés après la paix de Rvswick, qui, n'ayant ni feu, ni lieu, ni toit, s'organisaient eu troupes pour infester les routes, pillant villes et villages. Quand ils étaient pris, on les pendait par douzaine, ou quelquefois par vingtaine; après quoi les corpj restaient exposés ainsi sur le grand chemin in lerrorem. »

— On n'a jamais su le vrai nom de ce Georges Psalmanazar, cité par lord Macaulay, et qui. sous ce pseudonyme, publia cependant ses mémoires, ses voyages et divers ouvrages plus ou moins exacts sur le li'iups où il a vécu. a. P.

paraît avoir été aussi grand que sur la roule tle Newmarkct. Le brigand ige n'avait jamais été organisé sur une plus vaste échelle dans le rojaume depuis les jours de Robin-Hood et de son lieutenant Litlle-John. Une compagnie de pillards, au nombre de trente, d'après leslimalion la plus modérée, s'établit près de AValtbam- Cross, dans la foret d Epping, et se construisit des huttes d'où ces bandits s'élançaient armés de sabres et de pistolets pour arrêter les passants. Le roi et Tallart étaient sans doute trop bien accompagnés pour courir aucun risque; mais aussitôt qu'ils eurent franchi le passage périlleux , un combat s'engagea sur la grande route, et plusieurs personnes y perdirent la vie. Yn mandat darrct du Lord Grand Juge dispersa pour un temps les maraudeurs ; mais ils se rallièrent bientôt et eurent l'impudence de délier le gouvernement dans un cartel signé, dit-on, de leurs vrais noms. Le pouvoir civil était incapable de remédier à un tel fléau. Il fut nécessaire d'envoyer pendant cpielque temps des patrouilles de cavaUnie sur les routes des comtés de Middlesex et d'Essex.

Toutefois l'état de ces roules, que les contemporains nous représentent conune dangereuses au delà de toute expression, n'empêchait pas les hommes appartenant au beau monde d'accomplir le joyeux pèlerinage de Newmarkct. La moitié des ducs de l'Angleterre était là. La plui)art des ministres d'Klat grossissaient la foule; Topposition elle-même y avait des représentants. Montagne s'échappa pendmit deux ou liois jours de la Trésorerie, et Oxford de 1 Amirauté, (lodolpbin y était aussi, surveillant ses clievaux et ses jiaris ; il repartit probable-

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