CHAPITRE I
M.arlborougli et moi aurions mesuré nos cpées. » Toutes ces choses semblaient être oubliées ; la maison du duc de Glocester venait d'être formée. Comme il n'avait pas encore neuf ans, et que la liste civile était grevée d'une dette considérable, on jugea que quinze mille livres sterling seraient une dotation suflisante. Burnet eut la direction de l'éducation littéraire du prince, avec le titre de précepteur ; Marlborough fut nommé gouverneur, et la gazette de Londres annonça sa nomination, non point avec la sécheresse oflicielle, mais dans le langage fervent du panégyrique. En même temps il rentra dans le Conseil privé, dont il avait été expulsé avec ignominie, et quelques jours après il fut honoré d'une marque encore plus grande de la faveur du roi : un siège au Conseil de régence.
Quelques personnes crurent voir dans cette étrange réconciliation un signe que l'influence de Portland était sur le déclin, et que celle d'Albemarle augmentait, car Marlborough avait été pendant plusieurs années en désaccord avec Portland, et s'était emporté, — chose vraiment rare, — au point de parler de lui dans des termes grossiers et indignes d'un gentilhomme. De l'autre côté, Marlborough s'était étudié à gaaner les bonnes grâces d'Albemarle par tous les artifices qu'une longue expérience des cours avait pu enseigner à un esprit sagace et observateur. Il est possible qu'Albemarle eût aussi contribué à ce résultat. Toutefois à peine est-il nécessaire d'avoir recours à cette supposition, pour expliquer comment un homme aussi sage que Guillaume, après quelque délai causé par un ressentiment trèsiiiste et très-naturel, s'était décidé à at>ir sagement.
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Très-probablement son opinion toucbant le caractère de Marlborough n'était pas cbangce, mais il ne pouvait s'empêcber de reconnaître que la position du du»; était totalement différente de ce qu'elle avait été quelques années auparavant. Cette ambition et cette avarice même qui, dans des temps antérieurs, l'avaient entraîné à trahir deux maîtres, étaient maintenant des garanties suffisantes de sa fidèlilé à l'ordre de choses qui avait été établi par le bill des Droits. Si cet ordre de choses pouvait être maintenu, Marlborough ne pouvait guère manquer d'être, dans quelques années, lef^ujet le plus riche et le plus puissant de lEurope. On pouvait donc utiliser ses Lilents politiques et militaires, sans craindre qu'il les tournât contre le gouvernement qui s'en servait. On ne doit pas non plus oublier que Marlborough tirait son importance, moins de ses talents politiques et militaires, quoique grands qu'ils fussent, que de l'empire qu'il exerçait, au moyen de sa femme, suil'esprit de la princesse Anne. Aussi longtemps qu il sciait dans de bons rapports avec la cour, on était certain que Anne ne prêterait son appui à aucune cabale ayant pour objet d'atlaquer le litre elles prérogatives de son licau-iVèrc. Pleinement 1 assuré, et cioyanl pouvoir compter sur le calme et le beau tenq)s de ce côté de l'hori/.on, autrefois le plus sombre et le plus orageux, (iuillanme partit gaiement pour son pays natal.