‹ Histoire du règne de Guillaume III (volume 3)Chapitre 56 sur 147 · CHAPITRE IT · texte numérisé non relu

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l.a gazette qui annonça au public que le roi était parti pour la Hollande mentionna aussi les noms des premiers membres réélus, conformément à son ordre, par les corps constituants du royaume. L'iiistoire de ces temps a été si peu étudiée, que peu de personnes savent combien l'élection générale de 1698 est une époque remarquable dans les annales de la constitution anglaise.

Nous avons vu que les graves inconvénients qui étalent résultés de la conduite capricieuse et opiniâtre de la Chambre des communes, pendant les années qui avaient suivi immédiatement la Révolution , avaient forcé Guillaume à avoir recours à un mécanisme politi- (jue inconnu de ses prédécesseurs, et dont la nature, aussi bien que l'effet, n'étaient qu'imparfaitement comjiris par lui-même et par ses plus habiles conseillers. Pour la première fois, l'administration fut confiée à un . corps peu nombreux d'hommes d'Etat, qui, sur toutes ! les affaires graves et urgentes, s'entendaient entre eux '.et avec la majorité des représentants du peuple. Le roi s'était réservé la direction de la guerre et de la diplomatie : ses serviteurs, convaincus qu'ils étaient moins versés que lui dans les affaires militaires et étrangères, lui laissaient volontiers le commandement de l'armée et

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se contentaient de savoir ce qu'il trouvait bon de leur communiquer concernant les instructions qu'il donnait à ses ambassadeurs et les conférences qu'il tenait avec ceux des autres princes. Mais, à part ces exceptions importantes, le gouvernement était confié à ce qu'on commença alors à désigner sous le nom de ministère. Le premier ministère anglais fut formé graduellement, et il n'est pas possible de dire précisément quand il commença à exister. Toutefois la date à partir de laquelle on peut à bon droit calculer l'ère ministérielle est le jour de la réunion du Parlement, après l'élection générale de 1695. Cette élection avait eu lieu à une époque oîi le péril et la détresse avaient évoqué les meilleurs sentiments de la nation ; l'Angleterre entrait de cœur dans la lutte contre la France pour l'indépendance, la liberté et la religion protestante. Chacun savait qu'une telle lutte ne pouvait être soutenue sans des sacritices considérables et de lourdes taxes. Par conséquent le gouvernement ne pouvait guère demander plus qu'on n'était disposé à kii accorder. On élut une Chambre des communes dans laquelle le parti whig avait une prépondérance décidée ; les chefs de ce parti avaient été récemment élevés, l'un ai)rès l'autre, aux fonctions du pouvoir exécutif les plus hautes; la majorité, par conséquent, se rangea dans un ordre admirable sous les ministres, et durant trois sessions leur donna, dans presque toutes les occasions, un appui cordial. La conséquence de cette conduite fut i\uo l'Angleterre sortit de sa situation dangereuse, et lorscpie le Parlement se sépara, au bout do trois ans, le pays jouit de la prospérité après la crise commerciale la plus terrible, de la

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