‹ Histoire du règne de Guillaume III (volume 3)Chapitre 64 sur 147 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

1111 si grand nombre de députés et de magistrats, que des rumeurs de ce qui s'était passé à Loo se répandirent au dehors. Quiros, l'ambassadeur espagnol à la lïave, parvint, à force d'adresse et de persévérance, sinon à découvrir foute la vérité, du moins à en apprendre assez pour lui l'ournir matière à une dépêche (jui excita beaucoup d'alarmes et d'irritation à Madrid. Un conseil fut convoqué et de longues délibérations s'ensuivirent. Les grands de la plus orgueilleuse des cours ne pouvaient guère s'empêcher de comprendre qu'il serait impossible à leur futur souverain, quel qu'il fût, d'éviter de sacrifier une partie de son vaste empire, laissé sans défense, pour 'conserver le reste. Il leur était dur de penser qu'un seul fort, une seule ile dans les quatre parties du monde fût sur le point d'échapper à la triste domination de la Castille. Toutes les passions, tous les préjugés de celte race altière, étaient subordonnés à ce sentiment. « Nous sommes jirèts, — telle était la phrase qui était dans toutes les bouches, — à aller à n'importe qui, au Dauphin, au diable, pourvu que nous restions tous ensemble. » Dans l'espoir d'éviter le démembrement qui menaçait l'Empire, les ministres espagnols conseillèrent donc à leur maître d'adopter comme son héritier le candidat dont la France, l'Angleterre et la Hollande paraissaient le plus disposées à appuyer les prétentions. Cet avis fut suivi, et l'on sut bientôt partout que Sa Majesté Catholique avait solennellement désigné comme son successeur son neveu François-Joseph, prince électoral de Bavière. La France protesta contre cet arrangement, — non, autant qu'on en peut juger aujourd'hui, parce

qu'elle avait riiitcnlion de violer le traité de Loo, mais parce qu'il lui aurait clé difiitile, si elle ne prolestait pas, d'insister sur la ])leinc exécution de ce traité. Si elle eût acquiescé en silence <à la nomination du prince électoral, elle aurait paru admettre que les prétentions du Dauphin n'étaient pas fondées, et si elle admettait la nullité de ses prétentions, elle ne pouvait sans injustice flagrante exiger la cession de plusieurs provinces comme le prix moyennant lequel elle se désisterait de ses prétentions. Pendant ce temps, les confédérés s'étaient assuré la coopération d'un personnage trèsimportant, l'électeur de Bavière, qui gouvernait alors les Pays-Bas, et q\ii devait être probablement avant peu régent de toute la monarchie espagnole. Il comprenait parfaitement que le consentement de la France, de l'Angleterre et de la Hollande à l'élévation de son fds ^alait bien la peine d'être acheté presque à tout prix, et il se hâta de promettre que, quand le moment serait venu, il ferait tout ce qui serait en son pouvoir pour faciliter l'exécution du traité de partage. 11 était, dans le l'ait, engagé par les liens les plus forts avec les confédérés de Loo. Ils étaient convenus par un article secret ajouté au traité, que si le jeune jirince électoral devenait roi d'Espagne et mourait sans postérité, son père serait son successeur. La nouvelle que le jeune François-Joseph avait été déclaré héritier du trône d'Fspagne fut bien accueillie par tous les potentats de lEuropo, à l'exception de son grand-père l'empereur. Le déplaisir et l'indignation de Léopold furent extrêmes, mais on ne pouvait douter qu'il ne finit par se smuuettre de boiuu' ou d(> mauvaise grâce, T/eùt été

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