CHAPITRE II. na
son litre d'hoinnie en place et de partisan d'une armée l)onnancnte était également une objection grave dans l'opinion de plusieurs politiques qui n'étaient pas Tories. Mais personne autre ne se présenta. La santé du dernier ]>résident, Folcy, était détruite. On parla de Musgrave dans les cafés, mais ce ne fut qu'un bruit qui s'éteignit bientôt. Le nom de Seymour était dans quelques bouches; mais son temps était passé. Il est vrai qu'il possédait encore ces avantages qui en avait fait autrefois le premier des gentilshommes de province del'xVngleterre : une naissance illustre, une fortune considérable, une grande facilité de parole, une éloquence véritable et une connaissance parfaite des affaires parlementaires. Mais toutes ces choses ne pouvaient l'élever autant que l'avilissait son caractère moral. Une hauteur telle que la sienne, quoiqu'elle ne pût jamais plaire, aurait pu lui être pardonnée si elle avait été unie à des sentiments de vertu et d'honneur; mais de toutes les formes de l'orgueil, sans excepter même l'orgueil du parvenu, le plus offensant est l'orgueil de la naissance quand il accompagne des vices sordides et ignobles : l'avidité et le mensonge, la fourberie et l'impudence. Tel était l'orgueil de Seymour. Un grand nombre de ceux-là mêmes (jui étaient bien aises de voir les ministres blessés par sa rhétorique habile et incisive se souvenaient qu'il s'était vendu plus d'une fois, et ils soupçonnaient qu'il était impatient de se vendre encore. La veille même de l'ouverlure du Parlement, une petite brochure intitulée Considérations sur le Choix d'un Président, et répandue de tous côtés, paraît avoir produit une grande sensation. L'auteur mettait les représentants du peuple en garde
contre Litlleton ; puis, dans un langage plus fort même, quoique plus concis, il s'élevait contre Seymour, mais sans proposer une troisième personne. Le 0 décembre arriva sans que le Parti de la nation ou du pays, comme il se nommait toujours lui-même, eût trouvé un troisième candidat. Le roi, arrivé à Londres depuis quelques heures seulement, se rendit à la Chambre des lords. Les membres de la Chambre des communes furent appelés à la barre et invités à choisir un président. Ils retournèrent dans la salle de leurs délibérations. Hartingdon proposa Littleton, et sa proposition l'ut appuyée par Spencer. Personne autre ne l'ut proposé, mais il y eut un vif débat de deux heures. Seymour, exaspéré en voyant qu'aucun parti n'était disposé à soutenir ses prétentions, parla avec une violence excessive. Lui qui pouvait parfaitement se rappeler le despotisme militaire de Cromwell, lui qui avait pris une part active à la politique de la Cabale et qui avait vu son beau comté transformé en un Golgotlia par les « Assises sanglantes » de Jeffi'cys, déclara que les libertés de la nation n'avaient jamais été en plus grand danger, et que leur arrêt serait jirononcé si un coui'lisan était appelé au fauteuil. L'opposition insista pour qu'on allât aux voix. La motion de Hartingdon fut adoptée à une majorité de deux cent quarante contre cent Irente-cinij. Littleton lui-même, suivant l'usage ancien et puéril qui se pratique encore de nos jours, vota avec la niinorilé. Trois jours après il fut présenté et accepté ^
Le roi prononça alors le discours de la couronne. H
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exprima sa ferme conviction que les Chambres étaient disposées à faire tout ce qui serait nécessaire pour le salut, l'honneur et la prospérité du royaume : il ne leur demandait rien de plus. Lorsque le moment serait venu de s'occuper des établissements maritimes et mihtaires, elles se souviendraient qu'à moins que l'Angleterre ne lût garantie contre toute attaque, elle ne pourrait continuer à tenir le haut rang qu'elle s'était acquis parmi les puissances européennes; son commerce languirait, son crédit se perdrait, et sa tranquillité intérieure même serait compromise. 11 exprima aussi l'espérance que l'on s'occuperait activement à éteindre les dettes contractées pendant la guerre. « Je pense, disait-il, qu'uji Parlement anglais ne peut jamais commettre l'erreur de ne pas considérer comme sacré tout engagement parlementaire. » Le discours parut être accueilli favorablement. Pendant quelque temps, Guillaume se flatta que la grande faute, comme il la considérait, de la session précédente, serait réparée, que l'armée serait augmentée, et qu'il lui serait possible, lors de l'événement important qui se préparait, de parler avec un ton d'autorité aux puissances étrangères, et particulièrement d'obliger la France à remplir ses engagements. Les Whigs de la Junte, qui connaissaient mieux les dispositions de leur pays et de la nouvelle Chambre des communes, déclarèrent qu'il serait impossible d'obtenir une armée de terre de plus de dix mille hommes. On obtiendrait prol)ablement ces dix mille hommes si le roi autorisait ses serviteurs à les demander en son nom et à déclarer qu'avec un nombre inférieur il ne pouvait répondre de la siireté publique. Guillaume, fermement convaincu IV. \Q
que vingt mille hommes ne seraient pas sul'tisants, refusa de faire lui-même ou d'autoriser d'autres personnes à faire en son nom une proposition qui lui semblait absurde et humiliante. Ainsi, au moment où il était particulièrement désirable ({uc tous ceux qui faisaient partie du pouvoir exécutif agissent avec un parfait accord, une discussion sérieuse s'élevait entre le roi et ses plus habiles conseillers. Ni lui ni eux ne peuvent être sérieusement blâmés de cette dissension. Leurs situations étaient différentes, et ils devaient nécessairement voir les objets sous des points de vue différents. Lui, et c'était naturel, considérait la question principalement comme une question européenne; eux, tout aussi naturellement, la considéraient surtout comme une question anglaise. Ils avaient trouvé dans le dernier Parlement une antipathie insurmontable pour une armée permanente, et pourtant ce Parlement était disposé à placer en eux et en leur maître une très-grande confiance. Dans le nouveau Parlement, celte antipathie dégénérait presque en manie. Pendant les récentes élections, on avait répété dans toutes les villes, dans toutes les places publiques et affiché sur tous les nuu's, (juc la liberté, les lois, la propriété, ne seraient jamais garanties tant que le souverain aurait à sa disposition en temps de paix un corps considérable de troupes régulières, et (|ue, de toutes les troupes irrégulières, les troupes étrangères étaient les plus à ciaindre. Les réductions de l'année précédente, disait-on, lors même (ju'elles eussent été hoimétement mises à exécution, n'auraient pas été sidlisantes, et tel n'avait pas été le cas. Les ministres déclarèrent que, sur ce point, les