‹ Histoire du règne de Guillaume III (volume 3)Chapitre 7 sur 147 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

çaises et un régiment do la milice urbaine de Londres. Lacôdémone continua à dominer en Grèce jusqu'à co que les autres États levèrent aussi des troupes régulières. Alors prit lin sa suprématie. Lacédémone fut grande lorsqu'elle fut une armée permanente au milieu de milices. Elle tomba lorsqu'elle eut à combattre d'autres armées permanentes. La vraie leçon à puiser d.ins l'histoire de sa suprématie et de sa décadence, c'est que le soldat qui n'est soldat que par occasion ne peut lutter contre le soldat de profession '.

'Plus nous cludierons minulieuscmcnt l'iiisloiredc la décadence el de la cluile de I.acôdémonc, plus nous aurons rai?on d'admirer la saf^acilô (le Soniers. La preniiùre grande humilialion subie par les Lacédt'monicus fut rafliilre de Siijiatleria. Il est reniarrjuable qu'en cette bataille ils furent vaincus par des lionnnes qui faisaient la guerre par profession. Les troupes que Cléon conduisait d'Alhèncs à la baie de Pylos et auxquelles il faut princi|)alenieut attribuer l'issue du conflit, consistaient entièrement en mercenaires, arcliers de Scylliie et infanterie légère de Tbrace. La victoire reniportce à Tcgea par les Lacédémonicns sur une armée confédérée releva la réputation militaire qu'avait rabaissée le désastre de Spbactcria. Cependant, même à Tegea, il fut bien prouvé que les Lacédémoniens, quoique très-supérieurs aux soldats d'occasion, n'étaient pas égaux à des soldats de profession. Sur tous les points, excepté un, les alliés furent mis en déroute; mais sur un point les Lacédémoniens làclièrcnt pied, et ce fut le point où ils avaient à lutter contre nne brigade de mille Argiens, soldats d'élite exercés au maniement des armes et entretenus par l'Étal, armée jiermanenle jar le fait. Après la bataille de Tegea, plu^ieurs années s'écoulèrent avant que les Lacédémoniens essuyassCJit une défaite. Enfin il leur ariivQ un inalbeur qui étonna tous leurs voisins. Une division de l'armée d'Agésilas fut coupée et détruite pres(j\ie jusiju'au dernier liomme. Cet exploit, qui pirut mie sorte de fatalité miracnlensc aux (irecs de ce siècle, fut accompli par Ipbicrate à la tète d'un corps de mercenaires d'inlanlcric légère. Mais ce fut de la journée de Lciic- Ires que data la décadence rapide et violente de Sparle.

Peu de temps avant cetle journée, les Tbébains avaient résolu de suivre l'exemple que leur avaient donne autiefois les Argiens. Quelques centaines de jeunes gens robustes furent organisés en troupe délite sous les noms de bataillon de la ville et bataillon sacré. Ils

I.n même leçon, Somers la relrouvait dans l'histoire (le Uomc, et tout lettré qui comprend bien cette histoire conviendra qu'il (''lait dans le vrai. La plus belle milice qui ait jamais existé fut proltablement celle de l'Italie pendant le troisième siècle avant Jésus-Christ. On aurait dû penser que sept ou huit cent mille combattants, qui assurément ne manquaient ni de coura<ie ni de patriotisme, auraient pu protéger leurs foyers et leurs autels contre un ennemi qui l'envahirait. I/ennenii vint avec une armée peu nombreuse et épuisée par une marche à travers la neige des Alpes, mais familiarisée avec les balailles et les sièges. A la tète de cette armée, il parcourut la péninsule italique, gagna une suite de victoires malgré l'immense désavantage du noiubre, égorgea comme des troupeaux de moutons la vaillante jeunesse de Latium, vint camper sous les murs de Rome, se maintint pendant seize années dans un pays hostile et ne put être expulsé que lorsqu'il eut, par une cruelle discipline, enseigné à ses adversaires les moyens de lui résister.

Il était oiseux de rappeler les noms des grandes balailles gagnées dans le moyen âge par des hommes qui

n'avaient pas d'autre niL-lier que ccliii îles armes, ils cam))nirnt dans la L'ilaiicllc. ils élaient à la solde de la r('|inlilique el ils devinrent, par un exercice assidu, les premiers soldais de la lirèce. La victoire les coiironni Icuijours jusiprà ce qu'ils eussent combattu à Clu'ronée l-i l'ameiise phalange disciplinée de Philippe. Mais même à Cliéronée ils ne lurent pas vaincus .. Ils se liient tous luersans ronipie leurs rangs; ce i'ul cette troupe, diriiiéc par le talent de frrands capitaines, qui porta le coup «léeisil à la puissan(e laci'.lcnionienne. Il tant oli-erver que les Laci'démoniens ne dé};ént'rèrent pas. Jusqu'au temps de Pyrrhus ils semblent avoir élr dignes connue soldais des vainqueurs de Platée, leurs aiuètres ; mais leurs ancêtres n'avaient pas eu à Platée de pareils ennemis à combattre.

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