CHAPITRE II
Lfs ministres étaient dans une position très-l'ausse. H leur fut impossible do répondre à Harley, lorsqu'il déclara d'un ton sardonique qu'il ne les soupçonnait pas d'avoir conseillé Sa Majesté dans celte occabion. Si ces messieurs, dit-il, avaient jugé désirable que la brigade hollandaise demeurcàt dans le royaume, ils l'auraient déclaré plus tôt. Les occasions n'avaient pas manqué j)Our soulever cette question d'une manière parfaitement régulière pendant la discussion du bill de licenciement. Personne n'avait jugé convenable de proiiler de ces occasions, et il était maintenant trop tard pour remettre la question sur le tapis. La plupart des autres membres (jui s'opposèrent aussi à ce (ju'on prît le message en considération, suivirent le môme système; ils refusèrent (le revenir sur des points qui auraient pu être discutés lorsque le bill de licenciement avait été soumis à la tlhambre, et déclarèrent simplement qu'ils ne pouvaient consentir à une chose aussi contraire aux usages parlementaires que le rappel d'un acte qui venait de passer. Mais celte manière d'agir à l'égard du message de Guillaume était beaucoup trop modérée pour satisfaire la malveillance implacable dellowc. Dans ses jours de faveur, il avait vivement insisté pour que le roi employât des Hollandais à réprimer l'insubordination des régiments anglais. « On ne peut se lier, disait-il, cpi'aux troupes hollandaises. » Et maintenant, il n'était pas honteux d'établir un parallèle entre ces mêmes troupes de Hollande et les soldats papistes d'Irlande que Jacques avait amenés de Munster et de Coniiauglit pour asservir notre île. Ce parallèle produisit un sentiment de désapprobation tel que la question préalable fut adoptée à IV. 19
runaiiijnitc. Un comité fut immédiateiiient désigné pour rédiger une adresse expliquant les raisons qui mcltaient la Chambre dans l'impossibilité de se conformer au désir de Sa Majesté. A la séance suivante, le comité fit son rapport, et ce rapport donna lieu à un débat animé. Les amis du gouvernement trouvèrent l'adresse projetée offensante pour le ri. Les membres les plus respectables de la majorité sentirent qu'il serait malséant d'augmenter encore par un langage sévère la peine que leur opposition constitutionnelle aux désirs du roi devait causer à celui-ci. En conséquence, quelques expressions un peii fortes furent adoucies, quelques phrases polies furent insérées, mais la Chambre refusa d'omettre mie phrase cpii rappelait au roi d'une manière presque insultante qu'il avait promis, dans la mémorable déclaration de 1088, de renvoyer toutes les forces étrangères aussitôt qu'il aurait effectué la délivrance de ce pays. Le vote fut cependant très-dispulé. Il y eut cent cinquante- sept voix pour l'omission de ce passage et cent soixante-trois pour son maintien '.
L'adresse fui présentée par la Cbambre entière. Guillaume fit une réponse aussi raisonnable qu'il lui était possible de la faire dans la position fâcheuse où il
' Je doulo (|uil existe une (ilirasc de plus mauvais anglais que celle Mir laquelle la Chambre alla aux voix. Cette! jiluase n'est pas non->eulenienl contraire à l'élégance cl à la grammaire, mais encore elle est évidiMumeut ^cxpre^^ion d'un liomme dont rinleUi^;ence élail embrouillée, pioii;'.blemeiil ilc Harley. «C'est, sire, un diagiiii indii iblc pour vos loyales Communes, sire, de voir (ju'uu message de Vclrc Majesté puisse demauiler qucbiue chose qu elles ne pui>seul accorder sans violer la con-tiiuti m que Votre MajCrlé vint rétablir el sauver, quand nous nous r.ipieions >uiloul voire gracieuse promesse de renvoyer toutes les Forces étrangères venues avec vous. »