CHAPITRE II
(lo r Amirauté et avait occupé, depuis la Révolution, la place lucrative de Trésorier de la marine. Il était évidemment abusif que deux emplois, dont l'un était destiné à contrôler l'autre, lussent dans les mêmes mains, et les Communes en firent l'observation au roi.
Des questions relatives aux départements militaires et mai itimes occupèrent tellement l'attention des Communes, presque jusqu'au moment de la prorogation, qu'on dit peu de cbose relativement à la reprise des domaines de la couronne. Mais, juste au moment d'envoyer aux Lords le bill sur l'impôt foncier, on y ajouta une clause par laquelle sept commissaires étaient autorisés à prendre note des propriétés confisquées en Irlande durant les derniers troubles. La Chambre se réserva le choix de ces commissaires. Chaque mi mbre fui invité à apporter une liste contenant les noms de sept personnes ne faisant pas partie de la Chambre, et les sept noms qui reparurent dans le plus grand nombre de listes furent inst'rés dans le bill. Le résultat du scrutin fut défavorable au gouvernement. Sur les sept commissaires choisis, quatre appartenaient à lopposition, et l'un d'eux, Trenchard, était le plus fameux des pamphlétaires qui avaient, pendant plusieurs mois, entretenu une clameur contre l'armée.
Le bill sur l'inqjôt foncier, augmenté de cette clause, fut porté à la Chambre-Haute. Les Pairs se plaignirent, et non sans raison, de celle manière de procéder. « Il peut être très-convenable, disaient-ils, que des commissaires soient nonmiés par un acte du Parlement pour prendre note des terres conlisquées en Irlande; mais ils devraient être nommés par un acte à part.
Nous pourrions alors faue des aineudeuienls, demander des conférences, donner et recevoir des explications. Nous ne pouvons pas amender le bill sur l'impùl foncier. Nous pouvons, il est vrai, le rejeter; mais, en agissant ainsi, nous ébranlons le crédit public, nous laissons le royaume sans défense, nous excitons nue sédition dans la marine. » Les Lords cédèrent, mais non sans une protestation ipii fut signée par qu('I(|ues Wliigs et quelques Tories ardents. Le roi fut encore plu? mécontent que les Pairs. « Cette commission, disait-il dans une de ses lettres privées, donnera beaucoup d'embarras l'hiver prochain. » Elle donna, en effet, plus d'embarras encore qu'il ne l'avait prévu, et jamais la nation n'a été aussi près d'une autre révolulion qu'à cette époque.
Les subsides avaient été volés. Le printemps faisait place à l'été ; les Lords et les Squires étaient fatigués de Londres, et le roi fatigué de l'Angleterre. Le 4 mai, il prorogea les Chambres avec un discours très-din'érent de ceux qu'il avait 1 habitude de prononcer lorsqu il congédiait l'ancien Parlement. Il ne prononça pas un mot de remerciinent ou d'éloge. 11 exprima l'espoir que, lorsqu'elles s'assend)leraient de nouveau , les Chambres prendraient des mesures effectives pour la sûreté publique. « Je désire, l( Iles furent ses dernières paroles, qu aucun malheur n'arrive en attendant. » Les membres qui se pressaient auprès de la barre se retirèrent pleins de colère, et comme ils ne pouvaient se venger inunédiatemcnt, ils renfermèrent cette colère dans leur cceur justju'à la prochaine session.
Les Chambres s'étaient séparées, mais il y avait en-