‹ Histoire du règne de Guillaume III (volume 3)Chapitre 81 sur 147 · I A PITRE II · texte numérisé non relu

I A PITRE II

rore beaucoup à faire avant que le roi pût partir pour Loo. Guillaume ne s'apercevait pas encore que le seul moyen d'échapper à ses diflicullés eût été de former un ministère entièrement nouveau et possédant la confiance de cette majorité qui avait été si difficile à gouverner durant la session précédente ; mais il se vit forcé de faire quelques changements partiels. Les votes récents des Communes l'obligèrent à s'occuper sérieusement du Conseil de l'Amirauté. Il était impossihle qu'Orford continuât à présider ce Conseil et qu'il fût en même temps Trésorier de la marine. On lui dit d opter. Son désir était de rester Trésorier, cette place étant à la fois la plus sûre et la plus lucrative. Mais on lui démontra avec tant de force qu'il se déshonorait en abandonnant un grand pouvoir poiu' des avantages pécuniaires qu'il aurait dû dédaigner, étant riche et sans enfants, qu'il se résigna à rester à l'Amirauté. Orford paraît s'être imaginé que le sacrifice qu'il avait fait lui donnait le droit de gouverner despotiquement le département qu'on l'avait persuadé de conserver. Mais il s'aperçut bientôt que le roi était décidé à se réserver le pouvoir de nommer et de remplacer les Lords Juniors (Lords inférieurs du Conseil de l Amirauté). Le premier commissaire détestait en particulier un de ces Lords et tenait beaucoup à le renvoyer : c'était sir George Rooke, membre du Parlement pour Portsmouth. Rooke était un officier brave et habile. C'était pour cette raison que, quoique Tory, il avait conservé sa place pendant l'ascendant de la Junte ^vhig. Orford accusa Rooke devant le roi d'avoir été en correspondance avec l'opposition factieuse qui avait donné tant d'embarras, et

d'avoir prêté aux accusations portées contre l'administration navale le poids de son auloiilé professionnelle et officielle. Le roi parla à Rouke, qui déclara qu'Orford avait été mal informé. « J'ai, dit-il, un grand respect pour mvlord, et je n'ai jamais manqué l'occasion de l'exprimer en public. Il y a eu certainement à l'Amirauté des abus qui! ne m'est pas possible de justifier. Lorsque ces abus ont été l'objet d'un débat à la Chambre des communes, j'ai gardé le silence. Mais toutes les fois qu'une attaque personnelle a été dirigée contre mvlord, j'ai fait de mon mieux jiour le défendre. » Guillaume fut satisfait et trouva qn Orford eût dû l'être aussi. Mais cette nature hautaine et perverse ne pouvait être contente à moins d'exercer une domination absolue. 11 offrit sa démission, et on ne put le persuader de la reprendre. Il dit qu'il ne pouvait être d'aucune utilité, qu'il serait facile de le remplacer, et qu'il faisait les vœux les plus sincères pour ses successeurs. Il se retira ensuite à la campagne, où, dit-on, et il est facile de le croire, il déchargea son mécontentement par des invectives furieuses contre le roi . La Trésorerie de la marine fut donnée au président Littleton. Le comte de Bridgewater, seigneur d'un caractère sans tache et possédant quelque expérience des affaires, devint Premier Lord de l'Aniiranté.

U'auties cliangements eurent lieu à la même époque. Pendant quelque temps, il n'y avait réellement pas eu de Lord -président du Conseil. Leeds, il est vrai, était encore appelé Lord- président, et comme tel avait la préséance siu' les ducs de création plus ancienne; mais il navait rempli aucun des devoirs de sa charge depuis

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