IV
230 RÈGNE DE GUILLAUME m.
en voyant la manière incivile et grossière avec laquelle le serviteur repoussait les avances gracieuses de son maître. Maintes fois Guillaume invita son vieil ami à prendre son ancienne place dans son carrosse royal, cette place que le prince George lui-même n'avait jamais été autorisé à occuper, et cette invitation était toujours refusée d'une manière qui eût été trouvée peu polie, même entre égaux. Un souverain ne pouvait pas, sans un sacrifice coupable de sa dignité personnelle, persister longtemps dans une telle contestation. Portland reçut la permission do se retirer du palais. Guillaume annonça cette séparation à lleinsius, leur ami commun, dans une lettre qui montre combien la blessure faite à son cœur avait été profonde. « Je ne puis vous dire ce (pie j'ai souffert. J'ai fait de mon côté tout ce qui était en mon pouvoir pour le satisfaire ; mais il était dit qu'une jalousie aveugle le rendrait insensible à tout ce qui aurait du lui être clier. » Le roi écrivit à l*orlland d'une manière encore plus touchante : « J'espère que vous m'obligerez sur un point : gardez la clef de votre charge. Je ne vous considérerai pas comme tenu à aucun service, mais je vous prie de venir me voir aussi souvent que possihle ; ce sei'a un grand adoucissement au chagrin que vous m'avez causé, car, malgré tout ce ipii s'est passé, je ne puis m'empéclier de vous aimer tendrement. »
Ainsi Portland se retira pour jouir à son aise de terres immenses dispersées dans la moitié des comtés de l'Angleterre, et d'un trésor d'argent comptant, comme n'en possédait nul autre p irliculier en Kurope, disaitun. Sa l'orlune continua à s'augmenter, car bien (pie.