‹ Histoire du règne de Guillaume III (volume 3)Chapitre 92 sur 147 · CHAPITRE II 2ril · texte numérisé non relu

CHAPITRE II 2ril

tre. De grandes vice-royautés espagnoles, disait-il, "se trouvaient à l'est et à l'ouest, mais les forê's et les montagnes de Darien étaient abandonnées à des tribus sauvages qui suivaient leurs propres coutumes et obéissaient à leurs propres princes. Il avait voyage dans cette partie du monde, on ne savait guère à quel titre. (Juelques-uns disaient qu'il y avait été pour convertir les Indiens; d'autres, dans le but de piller les Espagnols. Quoi qu'il en fut, missionnaire ou pirate, il avait visité l'istbme de Darien et n'en avait rapporté que de délicieux souvenirs. Les ports, affirmait-il, étaient sûrs et spacieux; la mer abondait en tortues, le pays était si montagneux qu'il jouissait d'un climat tempéré jusqu'à neuf degrés de léqnateur, et cependant l'inégalité du sol ne mettait pas obstacle au transl)ort des marcbandises. Rien ne serait plus facile que de construire des routes le long desquelles, à dos de mulet ou en chariot, on pourrait en un seul jour aller d'une nici' à l'autre.

Le sol offrait, à une profondeur de pkisieurs pieds, un terrain riche et fertile où croissait spontanément une profusion de plantes précieuses et de fruits excellents, où les plus belles productions des régions tropicales pourraient facilement être obtenues grâce à l'art et à l'industrie; et cependant la fertilité exubérante de ce sol n'avait point altéré la pureté de l'air. Considéré simplement comme un lieu de ré-^idence, lisllnne était un paradis. Une colonie qui s'y établirait ne pourrait manquer de prospérer, alors même qu'elle n'aurait jtonr toute richesse que ce qu'elle retirerait de l'agriculture. Mais l'agriculture n'était qu'une question

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secondaire dans la colonisation de l'isthme de Darien. Que ce précieux coin de terre (ut occupé p;u- une race intelligente entreprenante, économe, et en peu damnées il deviendrait le centre du commerce entre 1 Inde et l'Europe. On renoncerait hienlôl au périlleux tt lon^ passage du Cap. Le marchand n'exposerait plus ses cargaisons aux vagues tumultueuses et aux vents capricieux des mers antarctiques. La plus grande partie du voyage entre l'Europe et l'isthme de Darien, et le trajet tout enlier de l'isthme de D;irien aux |)lus riches royaumes de l'Asie ne serait, grâce aux vents alizés, (ju'une rapide et facile navigation sur des ondes tranquilles et azurées. Le retour à travers 1 Océan Pacifique dans la latitude du Japon, serait presque aussi prompt et aussi agréable. Triple économie du temps, du travail et de l'argent. Les rentrées se feraient plus promplement. La manœuvre des vaisseaux exigerait moins de hras. La porte d'un hàtiment serait un événenement rare. Le commerce s'accroîtrait rapidement; en p?u (le temps il douhlerail sa puissance, et toutes les marchandises passeraient par l'isthme de Darien. Quiconque posséderait cette porte de la mer, cette clef de lunivers, — telles étaient les images hardies que Pîiterson aimait î\ employer, — dicterait des lois aux deux hémisphères et établirait au moyen des arts de la paix, sans verser nue goutte de sang, un enij)iie aussi splendide que celui de Cyrus ou d'Alexandiv. De tous les royaumes de l'Europe, l'Ecosse était encore le plus paiivre et le moins considéré; mais si elle coiisenlait à occuper Darien et à devenir un grand port libre, un vaste enlrepùt des richesses que le sol de l'isthme pou-

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