CHAPITRE II
ses frontières, de l'embouchure de l'Esk à celle de la Tweed? Quelle armée, quelle flotte serait suffisante pour protéger les intérêts du gouvernement et du commerçant loyal lorsque le royaume d'Ecosse tout entier serait transformé en un vaste établissement de contrebande? Le plan de Paterson se réduisait tout simplement à ceci : l'Angleterre dépenserait d'abord des millions pour défendre le commerce de sa Compagnie, et perdre le double de ces millions par les conséquences dudit commerce. La clameur poussée par la Cité et la nation eut bientôt son écho dans la législature. Lorsque le Parlement se réunit pour la première fois après l'élection générale de 1695, Rochester appela l'attention des Lords sur la constitution et les desseins de la Compagnie dcDarien. Plusieurs témoins furent appelés à la barre, et leur déposition fit impression sur l'assemblée. « Si ces Ecossais, dit un Lord, doivent arriver à leurs fins, j'irai m' établir en Ecosse. Je n'entends pas rester ici pour devenir un mendiant. » Les Pairs résolurent de représenter énergiquement an roi l'injustice qu'il y aurait à demander que l'Angleterre usât de sa puissance pour soutenir une entreprise qui, si elle réussissait, devait être fatale à son commerce et à ses finances. Des remontrances furent rédigées et communiquées aux Communes : les Communes s'y associèrent avec empressement et félicitèrent les Pairs sur la promptitude avec laquelle Leurs Seigneuries avaient en cette occasion plaidé la cause publique. Les deux Chambres se rendirent ensemble à Kensington avec l'adresse. Guillaume était sous les murs de Namur lorsque l'acte pour l'incorporation de la Compagnie avait été touché