DROIT DE SE GARDER ELLES-MÊMES ET DE N'AVOIR PAS DE GARNISON
suivent ne sont pas moins fécondes en concessions du pouvoir à l'égard des municipalités. Il faut spécifier en quoi consistaient ces droits et privilèges assurés par Henri aux cités, droits ([ui, pour plusieurs d'entre elles, étaient des restes importants de leur organisation communale et républicaine originaire; qui, pour les autres, étaient le rappel ou les conséquences de leurs privilèges octroyés par la royauté.
Toutes les grandes villes, et un nombre considérable de villes moyennes, soit couune récompense de leur adhésion à la royauté de Henri dès son avènement, soit comme conséquences de leurs traités avec lui au moment où elles sortirent de la Ligue, conservèrent le droit de se garder elles-mêmes ' . Les unes, telles que Meaux et Lyon, n'eurent de garnison, de leur aveu, que ce qui était nécessaire pour les aider à se défendre contre les ligueurs , ou les ennemis étrangers du voisinage; et cela sans le moindre péril pour leurs franchises, les garnisons étant vingt fois moins nombreuses que la garde bourgeoise de ces cités ;
citations qu'où vleut de lire prouvent que beaucoup des actes publics du règne de Henri IV sont déplacés, et compris dans les volumes consacrés aux actes du règne de Henri HI.
' Confirmation du privilège de Bordeaux de se garder seul, de n'avoir pas de garnison, accordée le 12 juillet 1591 , dans les Privilèges des bourgeois de la ville et cité de Bordeaux , à la suite de la Chronique bourdeloise, Bordeaux, 1703, in-4o, p. 39. « Les maire et les jurais » auront la garde, le maniement et gouvernement des clefs des portes » de la dite ville de Bordeaux et des tours qui sont sur les murailles >i d'icelle, sans que autres qu'eux en ayent le maniement. » — Henri traite avec trente villes de la Ligue. Ces traités sont contenus dans le recueil intitulé Edicts et articles accordez par le roy Henri IV pour la réunion de ses subjects , que l'on trouve à la suite de l'histoire des derniers troubles de France par P. Matthieu. Il y a une édition de 1604 et une autre de 1610 : nous nous servons ici de l'édition de 1604. Dans .ce recueil; dans d'Aubigné, t. 111, l. III, c. 19; dans P. Cayet, \. YI, p. 543, 570, 587, voici ce que l'on trouve relativement aux grandes villes .■ !<> pour Meaux, article IV, folio 4 verso : « Qu'il ne » sera mis en la dite ville autre garnison soit de cheval, soit de pied » que la compagnie de chevau-légers du sieur de Vitry. » Ce n'étaient
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Meaux eut cinquante hommes de garnison; Lyon six cents Suisses. Les autres grandes villes, et nous nous bornons à citer Bordeaux, Orléans, Paris, Amiens, Rouen n'eurent pas de garnisons du tout. La ville d'Amiens fit , au dommage de la France, un criminel abus du respect du roi pour ses privilèges, quand se trouvant alors sur la frontière, et la guerre déclarée à l'Espagne, elle refusa de recevoir même temporairement une garnison dans ses murs et jusque dans ses faubourgs. Mais cet accident sl grave qu'il fût, n'induisit pas Henri à changer de procédés et de conduite à l'égard des villes de commune. Quelques villes à peine de la frontière du Xord, qui redoutaient le sort d'Amiens, reçurent de leur plein consentement des détachements de troupes, dans la courte période écoulée entre la surprise d'Amiens et la paix de Yervins < : hors ce temps et hors ce rayon, le roi maintint les communes dans le droit de se garder elles-mêmes : nulle part la présence et la crainte de la soldatesque ne gêna la liberté des délibérations et des résolutions des habitants, n'imposa violemment l'obéissance.
que 50 hommes. 2° Pour Lyon « que le Roy ne bastiroit jamais de » citadelles en leur ville, que dans leurs cœurs et bonnes volontez. » 30 Pour Orléans, article VII, fol. 11 : « Promettons aussy eu parole de » Roy, qu'il ne sera par nous, ou nos successeurs à l'adveuir, faict, » construit, ny basti aucune citadelle ny forts en la dicte ville, uy en » icelle n)is aucune i,'arnison de gens de guerre. » 4° Pour Paris, article II, fol. 23 recto. 5° Pour Amiens : « que le gouvernement et » la garde de la dite ville demeureroit entre les mains du majeur, » prévost et eschevins ainsi qu'il estoit accoutumé ; plus qu'à l'adve- » nir, il ne seroit faict aucun fort ny citadelle en la dicte ville d'Amiens.» 60 Pour Rouen, à la fin de 1396, Groulart, Voyages en cour, chap. 7, p. 573 B : « Le lundy 20, Sa Majesté me fist entendre la volonté qu'elle » avoit d'abattre le fort Sainte-Catlieriue, laisseroit le sieur du .Mesnil » dans le Vieil-Palais, osteroit le sergent-major et les capitaines, et » remettroit les clefs es mains des eschevius. »
' Voir dans le second volume de cette histoire. 1. V, c. 10, p. 320- 323, les garnisons introduites, de l'aveu des habitants, dans les villes situées soit sur le chemin d'Araieus à Paris, telles que Beauvais, soit sur le cours de la Somme, depuis Saint-Quentin jusqu'à .\bbeville.