‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 2)Chapitre 107 sur 199 · SALUTAIRE EXTENSION DONNÉE AU DROIT DES GENS · texte numérisé non relu

SALUTAIRE EXTENSION DONNÉE AU DROIT DES GENS

» pédiées par l'un et raiitrc prince seront sursises , sans )) qu'elles se puissent exécuter de part ni d'autre, jusques )) à tout qu'autrement en ait este advisé par le Conseil de « l'un et l'autre prince. Que pour l'advenir ne seront ex- » pédiées aucunes lettres de marque et de représailles que » premièrement l'ambassadeur résidant près de l'un et )) l'autre prince ne soit adverty, el qu'elles ayent esté veues » et délibérées au Conseil de l'un et l'autre prince, scel- » lées de leurs grands sceaux, et que les solennitez en tel » cas requises n'y ayent esté gardées et observées'. » En cas de rupture entre les deux nations, l'avertissement préalable donné aux ambassadeurs qui prévenaient les intéressés eux-mêmes, les délais qu entraînaient toutes ces formalités, fournissaient aux marchands les moyens et le temps nécessaires pour mettre à l'abri d'une saisie leurs vaisseaux et leur fortune engagée dans les opérations commerciales. Henri ferma ainsi l'ère de violence et de brigandage qui s'était prolongée du moyen âge dans les temps modernes : dans son traité de commerce avec l'Angleterre, le droit des gens et la civilisation lui sont aussi redevables que le commerce français lui-même.

Les traités de 160i et de 1606 conclus entre la France d'une part, la Porte ottomane, l'Espagne, l'Angleterre de l'autre, donnaient les plus solides garanties , les plus larges facilités à notre commerce du Levant et de l'Occident, dans ses rapports avec les trois Etats où il avait ses plus actives opérations et ses principaux intérêts. Le complément de ces traités se trouve dans les transactions et les pactes d'une importance secondaire, mais encore considérable que le roi signait en même temps , et dans les négociations qu'il entamait avec diverses autres puissances. Les unes devaient assurer une entière frau-

^ Dumorit, Corps diplouial., t. V, part, llj p. Gl-63.

5 1 0 L. vil . en . VI . NOTRE COMMERCK AFFRANCHI DES EXACT. DE LA SAVOIE.

chise à notre commerce dans les lieux où elle lui manquait encore; les autres préparaient de nouveaux débouchés à nos produits agricoles et à notre négoce dans le nord de l'Europe, et dans les régions de l'Afrique situées au sudouest de la France.

Les officiers du duc de Savoie forçaient les navires de Marseille qu'ils rencontraient en pleine mer, d'entrer dans le port de Yillefranche, et d'acquitter un droit que ce prince y avait établi et qu'il exigeait de tous les vaisseaux étrangers qui venaient y jeter l'ancre. Cette perturbation jetée dans les opérations commerciales des Marseillais et cette exaction ne pouvait survivre aux revers éprouvés par le duc de Savoie dans sa guerre contre la France, et à la pacification du royaume après le supplice de Biron. Pour Tes faire cesser, il suffit à Henri d'adresser des réclamations et des plaintes au duc de Savoie à la date du 6 juillet 1603 '. Depuis lors les Marseillais et nos autres marchands des cotes de Provence et de Languedoc trouvèrent le passage libre pour aller commercer avec Gênes, la Toscane, et les divers autres Etats de r Italie.

Une citation que l'on trouvera plus loin prouve que durant les dernières années du règne de fleuri lY, nos produits se répandirent et se placèrent dans les divers pays dont se composait 1" empire d'Allemagne , et dans la Pologne. Une partie de ce commerce fat faite par nos marchands, une autre par l'intermédiaire des villes hanséatiques. A cette époque, la Ligue hanséatique comptait encore, outre Hambourg, Lubeck et Brème , un certain nombre de villes moins considérables. Ecartées par nos guerres civiles et par l'impossibilité de rien tirer

' Lettre du roi au duc de Savoie du 6 juillet 1603. Kecueil des Lettres missives, t. VI, p. 126.

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