‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 2)Chapitre 126 sur 199 · RECONNAISSANCE DE 450 LIEUESDE PAYS : TEMPÉRATURE, PRODUITS · texte numérisé non relu

RECONNAISSANCE DE 450 LIEUESDE PAYS : TEMPÉRATURE, PRODUITS

la navigation sûre '. Leur relevé comprenait aussi des indications détaillées sur les terres, sur leur latitude et leur climat, sur les rivières et les lacs qui les arrosaient, sur les arbres et les fruits qu'elles produisaient, sur les animaux qui s'y rencontraient, sur les peuples qui les habitaient, avec la description de la manière de vivre et des usages de ces nations. On sut dès lors que ces pays, en y comprenant l'île de Terre-Neuve, se divisaient en deux régions distinctes. La première, comprenant l'ile de Terre-Neuve, le golfe Saint-Laurent et ses îles, la portion du Canada située entre l'embouchure du fleuve et Québec, soumise à des froids rigoureux qui se prolongeaient jusqu'à la fin du mois de mai, offrait peu de terres propres à la culture ; mais les pêcheries pour la grande pèche, les pelleteries, les bois de construction pour les vaisseaux, y abondaient. La seconde région, se composant des pays situés entre Québec et Montréal, présentait tout ce qui fait la grande et durable prospérité d'un établissement colonial. Pour l'habitation et l'agriculture, un climat très-sain, tempéré une grande partie de l'année, comme le prouvait la présence de la vigne, suivant la remarque qu'en faisait alors même en Europe Olivier de Serres, des champs fertiles, de bonnes prairies, une grande quantité d'arbres et d'arbustes, les uns portant des fruits, les autres servant à la charpente, à l'ameublement, à la construction des vaisseaux tout ensemble ; des plantes et des animaux, dont la plupart étaient semblables à ceux d'Europe, dont quelques-uns étaient particuliers au pays; des populations demeurées dans l'état sauvage, mais pratiquant un commencement d'agriculture, prisant

1 On trouve dans le premier ouvrage de Champlain intitulé : « Des Sauvages, » le relevé des anses, ports, rivières, baies, îles, rochers, bas-fonds, avec l'indication des dangers à éviter, des endroits où peuvent aborder les vaisseaux, de la latitude des principaux lieux.

5G0 L. VII. cil. VII. BRANCHES ETFACILITKSDE COMMERCE, MÉTALLURGIE.

l'industrie de l'Europe , di?po.sées à nouer et à entretenir des relations avec les Français. Pour le commerce, les emplacements et les facilités nécessaires pour l'établis-seraent de plusieurs traites nouvelles de castors et autres pelleteries. Pour l'exploitation métallurgique , deux mines de cuivre et une mine de platine, que l'on plaçait d'abord d'après les indications de Prevert , dans un rayon de dix lieues^ sur la côte occidentale d'Acadie, par le 44* degré de latitude et quelques minutes , et qui , vérification faite plus tard, se trouvèrent par le 45"' degré 2/3 '.

' Pour l'ensemble de ces deux paragraphes, voir les treize chapitres du premier ouvrage de Ghamplaiu ayant pour titre : Des Sauvages, ou Voyage de S' de Ghamplaiu en la nouvelle France, édition de 1604. P. Cayet a copié cette relation dans la Chron. sept., liv. VI, p. 263 et suivantes, sans nommer Champlain. Voici un certain nombre de citations portant sur les points principaux. Chap. 10, folio 29 verso : « Tous ces dits lieux de Gachepay, baye des Morues et isle Percée » sont les lieux où se faict la peiche du poisson sec et verd. » — Ghap.H, folio 32 verso: « Ces îles sont environ à demie lieue deLes- » queujin qui est un fort mauvais port entouré de rochers... Un peu » plus haut, il y a une rivière qui va quelque peu dans les terres : » c'est le lieu où les Basques font la pesclie des balaines.n — Ghap.5, folio 15 recto : « Nous vinsmes mouiller l'ancre à Québec, qui est un » destroit de la rivière de Ganadas... Tout le reste est un pays uny et » beau, il y a de bonnes terres pleines d'arbres, comme chesnes, cy- » près, bûulles, sapins et trembles, les anlves arbres fruic tiers savi'f âges » et vignes, qui font qu'à mon opinion, si elles estoient cultivées, elles » seroient bonnes comme les nostres. » — Ghap. 6, folio 15, verso et 16 : « Saincte-Groix, distante de Québec de 15 lieues : c'est une pointe » basse qui va en haussant des deux costez. Le pays est beau et uny, » et les terres meilleures qu'en aucun lieu que j'eusse veu, avec )) quantité de bois, mais fort peu de sapins et de cyprès : il s'y trouve » quantité des vignes, poires, noysettes, serizes, groseilles rouges et » vertes. » Folio 17 : « Aux Trois-Rivières, il commence d'y avoir » température de temps quelque peu dissemblable à celui de Sainte- » Croix, d'autant que les arbres y sont plus advancés qu'en aucun )) lieu que j'eusse encore veu. » Ghap. 7, folio 20 verso, 21 : « A trois » lieues de la rivière des Irocois... nous costoyames la bande du nord )) où le bois est fort clair, et toute bonne terre pour cultiver. Je me

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