‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 2)Chapitre 145 sur 199 · SUITE DE CES OBSERVATIONS. 6H · texte numérisé non relu

SUITE DE CES OBSERVATIONS. 6H

phie et de statistique moderne quelles ont été les deslinéesde ces établissements. Les pays situés sur l'Atlantique entre le iV et le 45^ degré 1/2 de latitude, sont devenus les plus florissantes provinces des Etats-Unis d'Amérique, depuis New-York jusqu'à l'extrême frontière du Maine. En Acadie, le Port-Royal auquel on a imposé le nouveau nom d'Annapolis, est encore aujourd'hui la principale ville de la baie Française ou baie de Fundy ; son port est resté célèbre pour sa sûreté et sa vaste étendue. LaHaive, transformée en Halifax, est devenue l'une des villes les plus importantes de l'Amérique par son port sur l'Atlantique ouvert en toute saison, et servant de station aux flottes en temps de guerre, par son chantier pour la construction des vaisseaux , par sa nombreuse marine marchande. Dans le Canada , Gaspé et Tadoussac n'ont reçu qu'une population peu nombreuse , mais sont restés des centres très actifs par leurs ports et leur commerce. Québec et Montréal ontchacune 40,000 habitants, tiennent le premier rang entre les villes de l'Amérique anglaise, et comptent de plus parmi les plus fortes places et les plus grands centres du commerce de l'Amérique du Nord. La Compagnie des pelleteries de la baie d'Hudson, composée de deux anciennes compagnies , dont une seule entretenait avant la réunion 3,000 individus, comme agents, facteurs, chasseurs, est la plus puissante association de ce genre qui existe dans le monde entier '. Voilà ce que sont devenues les fondations coloniales qui eurent lieu sous Henri lY. Que pouvaient-elles, que devaient-elles devenir dans un avenir rapproché, si les événements eussent suivi leur cours naturel? Il ne faut dans l'examen de cette question ni dépasser le but ni rester en deçà. Il faut se garder de toute exagération en plus comme en moins.

' Malte-Brun, Géographie, t. VI. — Balbi, Abrégé de géographie, p. 1101-1103.

612 LIV. VII. cil. VII. SCITE DE CES OBSERVATIONS.

L'histoire de la Compagnie hollandaise des Indes orientales absolument contemporaine de la Compagnie française d'Amérique, nous semble fournir tous les éléments d'une exacte appréciation, en offrant des moyens de comparaison sûre. En 1G04 , la Compagnie hollandaise possédait déjà les Moluques ; en 1610, elle dominait sur une partie de l'île de Java, et fondait Batavia dont elle fit la capitale et le centre de tous les établissements hollandais. Pour que les colonies françaises d'Amérique reçussent des développements égaux, il suffisait ou que le règne de Henri IV se prolongeât de vingt années, ou que le gouvernement qui succédait au sien, surveillant, excitant, dirigeant la compagnie française , exigeât et obtînt d'elle ce que la Hollande tirait de la Compagnie des Indes orientales. L'impulsion étant ainsi une fois donnée , et le progrès incessant, la France devait avant la fin du xvii"" siècle, posséder dans l'Amérique du Nord un magnifique empire colonial.

Aucun n'aurait été aussi solide, n'aurait fourni à la métropole des ressources aussi sûres et aussi constantes. L'Espagne et le Portugal avaient fondé exclusivement leur richesse et leur organisation coloniale sur l'exploitation des métaux précieux, sur la production et la vente des denrées de luxe. Au temps de Henri IV, ces principes et ces idées dominaient encore chez toutes les nations de l'Europe. Les Hollandais couraient dans l'Inde à la conquête des épiceries qui sont une denrée de luxe ; les Anglais cherchaient exclusivement des mines d'or et d'argent, dans la colonie qu'ils fondaient en Virginie l'an 1608, comme le témoignent les contemporains '.Henri IV

' Mercure françois, t. I, fol. 271 verso, 272. « Yiucfeld et les nou- » veaux haliitauts commencèrent à faire un fort et courir à la » recherche des minières : ils trouvèrent du chrystal et quelques mi-

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