VILLES FORTIFIÉES SUR LA FRONTIÈRE DU NORD
à 1609, (le Yic fit rétablir la digue de Sangatte, destinée à retenir les eaux de la mer, couvrir la porte de la citadelle par un ravelin, revêtir le grand bastion sur les fronts de l'est, travailler au quai par où les Espagnols avaient pénétré, et en dernier lieu, réparer les dunes du Risban endommagées par l'Océan. Tous les moyens furent donc employés pour mettre Calais, cette clef de la France du côté du nord, à l'abri de nouvelles attaques de la part de l'étranger, et pour la défendre contre les inondations*. Les travaux entrepris dans les diverses places dont Ténumération vient d'être présentée, furent tous conduits par Errard, poursuivis sans interruption et achevés sous ce règne.
En faisant le relevé des villes que le roi avait pris soin de fortifier depuis Beauvais jusqu'à Calais, on voit qu'il avait couvert l'Ile-de-France et Paris d'une double ligne de citadelles; mis la Picardie, le Boulonais, le Calaisis à l'abri des attaques, et tout le territoire français de ce côté à l'abri des invasions si nombreuses qu'il avait souffertes au commencement de son règne. Si des généralités on descend aux détails, on remarquera que l'Artois, alors province espagnole, s'interposait entre la Picardie et les
de M. Michaud, V« série, t. X,p. 554 B, et l'atlas manuscrit des places de France, t. I, p. 276.
• Pour la succession et la continuité des travaux exécutés à Calais, consulter 1° la lettre du roi au connétable du 4 septembre 1601, écrite à Calais où il est arrivé la veille, dans les Lettres miss., t. V, p. 458. « j'ay estimé devoir faire le voyage en ceste province, que » j'avais projecté il y a longtemps, pour visiter les places d'icelle, » faire advancer les fortificutions, et les munir comme elles doibvent » estre. » — 2» La lettre de Villeroy à Rosuy du 3 mars 1602 ; la narration de Sully, en 1607, concernant les fortifications de Calais, où l'on voit le roi intervenir personnellement; lalettre de de Vie à Sully du 4 novembre 1609 au sujet des réparations faites au Risban, dans les QEcon. roy., ch. 108, 170, 201, 1. 1, p. 390 B; t. 11, p. 195, 360.361. — 3» L'Atlas des places de France, t. 1, p. 70.
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pays de Boulonais et de Calaisis, excepté dans la langue étroite de terre traversée par la Canche et où Montreuil est placé ; que par conséquent en ajoutant aux fortifications de Montreuil, au point d'en faire une place de guerre très forte pour le temps, le roi avait assuré ses comnaunications et la marche de ses armées de la Picardie dans le Boulonais, d'Abbeville à Boulogne, Calais et Ardres.
Il compléta la défense de la frontière du nord par les travaux qu'il fit exécuter dans les diverses places de Champagne et des Trois-Evêchés , sous la direction de Chastillon, dont le département se composait de ces deux provinces.
Les préoccupations et la sollicitude de Henri pour la frontière de l'Est furent au moins égales à celles qu'il montra pour la frontière du Nord. Il eut sans cesse présent à l'esprit que les Espagnols avaient tenté de pénétrer en Bourgogne par le pont de Grey, et qu'il avait eu à les en chasser par le combat de Fontaine-Française; que le Dauphiné avait été le théâtre des incursions , et la Provence des invasions du duc de Savoie pendant huit ans; que les Etats de ce prince, beau-frère de Philippe III, qui avait succédé à Philippe II en 1598, devaient être considérés comme province espagnole; que derrière la Savoie se trouvait le Milanez espagnol; qu'enfin, la Bresse et le Bugey, pays nouvellement cédés par le duc de Savoie qui n'attendait que l'occasion de les reprendre, avaient besoin d'être fortement rattachés au territoire de la France. Les travaux exécutés par les ordres du roi sur toute la frontière de l'Est, répondirent et remédièrent à ces dangers du passé et à ces menaces de l'avenir.
Ses lettres et les actes publics prouvent que depuis l'année 1601, et sans discontinuité jusqu'à l'année 1610, on travailla par ses ordres à réparer et à augmenter partout les fortifications des villes de la Bourgogne ; des villes