‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 2)Chapitre 156 sur 199 · PROJET HELAÏIF AUX VILLES DE SUKETÉ DES PROTESTANTS · texte numérisé non relu

PROJET HELAÏIF AUX VILLES DE SUKETÉ DES PROTESTANTS

forteresses possédées i)ar ses anciens serviteurs et partisans ; mais il suffit que la destruction atteignît les forteresses appartenant à ceux qui avaient servi le parti contraire , pour qu'un très-grand nombre disparût dès lors de la surface du territoire. Quant aux villes royales douteuses et inutiles, le roi et Sully, en 1609, ont déjà dressé, examinent, et paraissent devoir mettre prochainement à exécution « un estât de toutes les places fortes de >) France qui peuvent attendre le canon... et des places » appartenant au roy, qu'il seroit besoin de démolir, tant » pour estre en charge aux finances de Sa Majesté , que » pour estre de nulle utilité et pouvoir ( contre les étran- » gers); quelquefois nuire, estans occupées par des es- » prits inquiets, désespérez et mal contens, » Le second projet dont Henri est préoccupé regarde les nombreuses villes qui ont été lai&sées au pouvoir des calvinistes par l'édit de Nantes; qui au sein de la France constituent une autre France , encore en état de ranimer la guerre civile sous un gouvernement moins fort et moins énergique que le sien. Il veut faire rentrer ces places dans sa main , et dans le domaine public, par un « règlement sur l'édit de la religion et la restitution d'aucunes villes de seureté '. » Et il faut bien remarquer qu'eu projetant cette réunion , il reste dans les termes et dans l'esprit de l'édit, puisque les villes de sûreté n'ont été données aux réformés que pour un laps de temps limité ; que ce temps écoulé, elles ne leur sont restées que par le bénéfice d'une prolongation ; qu'à l'expiration de ce nouveau terme, le roi a pleinement le droit, et peut avoir le devoir, dans l'intérêt public, de les leur retirer.

Ainsi le rasement des forteresses des seigneurs avait

n qui ont esté faictes en temps de guerre soijent clesmolyes, suivaût que » je l'ay cy-devant ordonné. »

' Siiily,, tEcon. roy., ch. 191, t. U, p. -292 A, 294 B.

670 L. vil. CII. Vlll. PROTECTION DONNÉE A LA VIE DES CITOYENS.

été commencé par le roi ; la destruction des places de guerre inutiles à la défense du territoire et menaçantes pour la tranquillité publique était décidée ; le recouvrement des villes échappées à la souveraineté nationale , particulièrement celles laissées aux calvinistes , était résolu. Tout ce qui fut fait plus tard par Richelieu, continuant Henri IV, aurait donc été exécuté par Henri lui-même , si la Providence l'eût conservé quelques années de plus à la France. Et les guerres civiles marquées par les sièges de Montpellier et de Montauban, terminées par la prise de la Rochelle , aussi désastreuses pour la France, que funestes au parti protestant lui-même, dans le présent et dans l'avenir, ces guerres auraient été prévenues par un acte de la sagesse éclairée du roi.

§ II. Etablissements destinés à protéger la vie des citoyens : établissements de salubrité et de charité publique.

Dans le vaste ensemble de l'administration et de la législation de Henri IV, les établissements ayant pour destination de protéger la vie des citoyens, d'assurer la santé publique, de secourir l'artisan atteint de maladie ou d'intîrmité, occupent une grande et belle place. Comme tant d'autres actes de ce règne , ils forment les commencements et les débuts d'un gouvernement et d'un régime social entièrement nouveaux j non-seulement plus intelligents et mieux organisés , mais plus moraux et plus chrétiens dans leurs actes.

Parmi les réformes et les institutions de cette nature, il faut signaler avant toutes les autres la répression du duel, devenu à la fin du xvi* siècle l'un des fléaux les plus redoutables de la société , par un concours presque sans exemple de circonstances funestes. La faiblesse des derniers Valois avait laissé chacun devenir maître et roi ,

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