PREMIÈRR TENTATIVE POUR LA RÉPRESSION DU DUEL : ÉDIT DE
et substituer à l'empire des lois ses caprices et ses passions : Henri III en outre, par un travers d'esprit, ou un calcul pervers , avait favorisé les combats singuliers. La fureur de briller, le défaut de volonté ferme, l'entraînement chez les particuliers s'étaient joints à la faiblesse et aux erreurs du pouvoir, et avaient fait le reste du mal. «Ces combats, dit un contemporain , étoient recherchés d'aucuns par ambition, au péril de leurs âmes; et acceptés par d'autres qui estimoient ne pouvoir éviter le combat, pour crainte d'estre tenus moins courageux que leurs ennemys ' . » En cette circonstance , comme en tant d'autres de notre histoire , les plus chers intérêts, la raison , la morale , la religion avaient été vaincus par la tyrannie de la mode et la contagion de l'exemple, à la honte et au détriment de la nation.
Averti par les craintes et le cri des familles % Henri combattit cette sanglante coutume , dès le mois d'avril 1602, par un édit rendu à Blois \ Il échoua dans cette première tentative pour plusieurs causes. L'édit défendait le duel dans tous les cas et d'une manière absolue : or il se trouva beaucoup d'hommes disposés à braver les plus rigoureux châtiments, plutôt que de renoncera l'espoir de laver dans le sang de leurs ennemis certaines injures intolérables. Les peines étaient excessives : c'étaient la mort et la confiscation , prononcées indistinctement contre celui qui avait provoqué en duel, contre
1 P. Cayet, Chron. septen., 1. V, t. II, p. 209 A.
2 P, Cayet, Cliron. septen., 1. V, t. II, p. 209 A. « Plus les justes » plainctes de plusieurs pères et autres qui craignoient que la témé- » rite de la jeunesse ne précipitast leurs enfants à ces mauvais con- » seils et combats. »
3 L'édit donné au mois d'avril, fut vérifié et publié au mois de juin 1602. On en trouve le texte dans Fontanon, t. I, p. 665, et dans P. Cayet, Chron. septen., 1. V, p. 209; la mention dans la lettre de Henri IV au connétable du 29 avril 1602, t. V, p. 381.