‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 2)Chapitre 158 sur 199 · LIV. VII. CH. VU!. NOMBRE DES VICTIMES DU DUEL EN · texte numérisé non relu

LIV. VII. CH. VU!. NOMBRE DES VICTIMES DU DUEL EN

celui qui avait accepté la provocation, contre les témoins des deux adversaires , soit que la rencontre eût amené la mort de l'un d'eux, soit qu'elle eût eu une issue moins funeste. Le grand art du législateur est de n'ordonner que ce qu'il peut obtenir : quand on en vint à l'exécution de redit de 1602, il arriva souvent que le juge ne put se décider à prononcer la culpabilité des accusés et à leur appliquer les peines rigoureuses portées par la loi. Dans d'autres circonstances , la justice fléchit et céda aux sollicitations des princes et des grands en faveur , et à la considération des coupables de haute qualité. Le roi eut le tort de se mettre en contradiction avec lui-même , et de louer parfois en particulier ce qu'il avait défendu publiquement et puni comme législateur : il gardait trop des habitudes du camp, et considérait trop facilement encore le duel comme un aliment de l'honneur et du courage, et un apprentissage de la guerre pendant la paix'. Enfin le mal, quoique grave déjà, n'en était pas arrivé au point où chacun le reconnaît, et où les gouvernements et les divers ordres de l'Etat se portent d'un commun accord au secours de la société en péril.

Le désordre parvint en peu de temps à cet excès. L'an 1607, Loménie releva le nombre des victimes du duel. Il trouva non pas qu'en un an, comme on l'a écrit souvent par erreur et contre toute vi'aisemblance , mais que dans l'intervalle écoulé entre l'avènement de Henri et l'année 1607, quatre mille gentilshommes avaient péri de la main de leurs adversaires '. Même ainsi réduite, la

» Sully, QEcoQ. roy., ch. 110, t. I. p. 404 A. — Mémoire de Fontenay-Mareuil, t. V, p. 11 B, 12 A, 2« série de la colleclion Michaud.

2 Foutenay-.Mareuil, page 12, fait d'une autre manière le compte des gentilshommes morts en duel. 11 dit que depuis la paix, c'est-àdire depuis le traité conclu avec le duc de Savoie au commencement de 1601 jusqu'en 1609, deux mille gentilshommes avaient été tués en duel dans l'espace de ces huit années. Cette supputation vient à l'ap-

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