PRKVOTF.S DE MIRON ET DE SANGUIN : LEURS TRAVAUX
d'entrée sur chaque rauid de vin '. Ce service, ainsi fondé d'une manière solide et régulière, n'eut plus besoin que d'être développé au temps de Louis XIV, pour arriver à une organisation complète.
L'assainissement des voies publiques fut complété par l'élargissement des rues, le bon état dans lequel fut mis le pavé de Paris, l'augmentation des pompes et fontaines publiques. Dans ces réformes et ces créations, même sollicitude, même intervention personnelle et continue du roi : il donna l'impulsion, exerça une continuelle surveillance,.et fournit les moyens d'exécuter tout ce qu'il ne fit pas lui-même. Il abandonna à la ville, pour couvrir les dépenses, la portion nécessaire des fermes ou revenus publics qui jusque-là entraient dans l'Epargne ou Trésor : il porta l'élection qui subsistait alors pour le prévôt des marchands et les échevins, mais qui n'avait pas lieu sans son aveu, sur des hommes tels que Miron et Sanguin, dont les talents administratifs garantissaient d'avance le succès ^.
Une partie considérable des utiles travaux, dont nous allons présenter l'exposé, fut exécuté pendant la prévôté, par les soins et en partie aux frais du lieutenant civil, Miron, de 1604 à 1606. Là où l'encombrement des matières dont on voulait se débarrasser demandait des voies pub iques plus larges et plus faciles, Miron en ouvrit. Il
' Mercure françois, t. 1, fol. 360 verso, 361 recto. — Traité de lapolice de Delamarre, continuation, t. IV, p. 214 et suivantes.
2 Mercure françois, année 1606, t. I, fol. 114 recto et verso. « Bien » que c'est le roy qui donne la permission de recevoir ce qui provient » de quelques fermes, pour estre employé aux embellissements de la » ville, et que tout l'honneur lui en est deu, toutefois le soin, le tra- » vail et la peine que prennent ceux qui exercent la noagistrature, etc . )) — Les prévôts des marchands et les échevins de la ville de Paris » s'eslisent à la my-aoust; waw le tout se fait suivant la volonté' du » roy: en ceste année le conseiller Sanguin fut esleu prévost des mar- » chands (en remplacement de Miron). »
694 i.iv. VII. en. via pavage des rues de paris.
restaura lepavé partout où il avait étédégraJé, et rétal)lit à nouveau dans bon nombre de rues qui n'en avaient pas encore reçu. En effet, les mémoires contemporains citent parmi les ouvrages remarquables de Miron, « plusieurs » rues ouvertes et pavées, pour escouler les immondices et » les eaux croupissantes. » Ces mémoires nous apprennent que le roi imposa à Sanguin, successeur de ce célèbre magistrat municipal, la continuation des mêmes travaux de salubrité et de commodité publiques ' .
Nous venons de voir que le pavé de Paris avait déjà été amélioré par Miron de 1604 à 1606. Sully, en sa qualité de grand-voyer et de voyer-particulier de Paris, donna une attention et des soins spéciaux à l'extension et à l'entretien du pavage. En obligeant l'entrepreneur Lichany à venir lui rendre compte deux fois par semaine de l'état des travaux et des réparations, eu lui imposant, l'an 1608, à lui et à ses subordonnés des règles inflexibles, il porta ce service à un degré d'exactitude, de plénitude, de prompte exécution qui n'a peut-être pas été surpassé depuis ^. Le roi prit sa part, et pour moitié au moins, dans la régularité et les perfectionnements donnés à cet établissement. Jusqu'eu 1609, la commune de Paris avait subi les frais de son pavage ; et l'on sait que ces frais sont énormes. L'état du pavage, si important à la fois à la salubrité publique, à l'industrie, au commerce,
' Mercure françois, année 1606, fol. 114 recto et verso. On trouve au recto le discours adressé par le roi à Sanguin, successeur de Miron. « Je ne vous diray autre chose pour vous exhorter à vostre devoir, » sinon que vous ensuiviez le lieutenant Miron qui vous a devancé » dans ceste charge ; car ma ville de Paris sous sa prévosté, a esté de » beaucoup embellie de bastiments pour les commodités publiques. »
'^Règlement pour les comptables dans les CEcon. roy., ch. 179, t. II, p. 231 A. « Le sieur Lichany se souviendra tous les mercredis et n fous les samedis à midy, de venir rendre compte à monseigneur le » duc de Sully pour les pavez de Paris. » Suivent les prescriptions détaillées pour l'exactitude de*ce service.