G98 L. VI. CII. VIII. I/IIOTKI.-DIEU RECONSTRUIT EN PARTIE ET AGRANDI
La fondation de l'hôpital des frères Saint-Jean fut suivie de près de l'agrandissement des anciens hôpitaux, et de la fondation de deux hôpitaux nouveaux. Les événements de 1606. provoquèrent et déterminèrent ce grand efiFort d'un gouvernement paternel. Pendant l'été de 1606, pendant tout le cours de l'année 1607, la maladie contagieuse sévit à. Paris, et se répandit dans les localités voisines jusqu'à Saint-Germain, à (juatre lieues à la ronde'. Une égale épouvante frappa le peuple et la cour : la consternation publique fut profonde : l'encombrement de l'Hôtel-Dieu de Paris fut extrême et très menaçant. Le roi appliqua un remède proportionné au mal. etdanscette tâche, il se fit seconder par le grand magistrat et le grand citoyen Achille de Harlay, comme il s'était aidé du concours de tous les hommes éminents dans ses autres créations. Dès l'année 1606, il commença les travaux à l'ïlôtel-Dieu, qui par ses soins et à ses frais, fut en partie rebâti, et considérablement augmenté. Il fit construire la salle Saint-Thomas : il fit également édifier dans l'intérieur de l'Hôtel-Dieu le pont Saint-Charles sur lequel on établit aussitôt la salle Saint-Charles, bâtie par les libéralités du chancelier Pomponne de Bellièvre '.
1 Lettre du roi au connétable du 2 juin 1606, et à Sully du 21 juillet 1606, dans les Lettres missives, t. VI, j). 615 et 644 : «Ce lieu.(Fon- » tainebleau) n'est. Dieu vaaxcy, infecté de maladie contagieuse comme » estma ville de Paris. — Si la peste augmente à Paris à la fin de ceste » lune, il faudra que nous facions nos baptesraes ailleurs.» — Lettre de Villeroy à Sully en date du 14 novembre 1607, dans les Œcon. roy., cil. 171, t. II, p, 203 B. « Sa Majesté vous a aussi mandé son in- » tention sur la demeure à Noisy de Monseigneur le dauphin, puis- » çuil y a encore de la peste à Saiîit-Germain. n 11 est impossible de supposer que le roi et ses deux ministres aient été mal informés. Toutes qu'ils disent est confirmé de plus par les annalistes contemporains, témoins oculaires. On lit dans le Mercure françois, année 1606,t. I,fol. lin recto : « La peste dont les Parisiens furent affligés en cest esté. » Il faut donc considérer comme erronée, ou comme très inexacte, l'assertion de Lestoile sur l'état de la santé publique à Paris en 1606 et 1607.
. ÉTABLISSEMFNT DE I, "HOPITAL SAINT-.MAfiCEL. OJ'J
Après la fondation de l'hôpital de la Charité, après l'agrandissementdo riîôtel-Dieu, deux hôpitaux nouveaux furent créés, et le nombre des hôpitaux se trouva ainsiquadruplé. Il y avait au faubourg Saint-Marcel une maison de santé, nommée la (charité chrétienne, qui avait été fondée par la reine Marguerite deProvence, veuve de saintLouis. En 1607 et 1608, Henri fit reconstruire les anciens bâtiments, et en forma un second hôpital général qui prit le nom d'hôpital Sainte-Anne ou Hôtel -Dieu Saint- Marcel,
L'hôpital Saint- Louis, destiné à recevoir les pauvres atteints de maladies contagieuses^ fut une fondation entièrement nouvelle d'une bien plusgrande importance. En 1607, le roi avait consulté le bureau de l'Hôtel-ûieu présidé par de Harlay,surles édifices à construire dans l'intérêt de la santé publique. Le bureau examina l'emplacement etles dimensions, calcula les services que pouvait rendre la maison de santé du faubourg Saint-Marcel. On jugea qu'elle n'était pas suffisante pour une si grande ville. L'on considéra en même temps que cette maison étant à l'extrémité du faubourg du côté du midi , Ton serait obligé de traverser toute la ville, pour y transporter les malades qui seraient logés à l'autre extrémité, et qu'il y aurait danger que ce long trajet n'étendit davantage l'infection et la maladie. Par ces considérations, le bureau conclut qu'il y avait nécessité de construire encore un autre hôpital. Le roi le fit conimencer en 1607, et achever depuis dans toutes ses parties principales avant la fin de son
' Épilogue des vertus du roi dans le^Iercure françois, année 1610, fol. 484 recto. « L'Hostel-Dieu de Paris rebasti tout de nouveau. » — Félibien, Histoire de Paris, p. 394 et 1272. — Delamare, Traité de la police, 1. IV, tit. 13, t. I, p. 618, et table, p. 18. Il ns faut pas confondre le pont Saint-Cbarles avec le pont de l'Hôtel-Dieu ou pont au Double, construit seulement en 1634.
700 i.iv. vil. cii. vin. FONn.sTioN nr, i.'unriTAL saint-louis.
règne '. On le construisit de fond en comble au nord de la ville, dans un emplacement élevé et très-sain, au delà et entre la porte du Temple et la porte Saint-Martin, à la limite des deux faubourgs de ce nom, alors situés hors de l'enceinte de Paris. Par le nombre et la dimension de ses corps d'hôtels, de ses pavillons, de ses logements, de ses cours et fontaines, il fut comparable aux plus grands bâtiments de France, selon la juste appréciation des contemporains ^ Sauvai qui en parlait dans la première moitié du siècle de Louis XÏV, d'après une comparaison raisonnée, en a dit : « Cet hôpital passe pour le plus » vaste, le plus beau et le plus commode du monde. » Peut-être n'a-t-il pas cessé de mériter cet éloge. L'arcliitecte fut Chastillon , le conducteur des travaux exécutés sur ses dessins fut ('laude Yellefaux. C'eût été peu de fournir à la réparation de la maison Saint-Marcel, à la construction de l'hôpital Saint-Louis, si le roi n'avait pourvu en même temps à leur ameublement, à leur service, k leur dispendieux entretien dans l'avçnir. Par son édit du mois de mai 1607, il attribua à l'Hôtel-Dieu dix sous sur chaque minotde sel qui se vendrait dans tous les greniers de la généralité de Paris pendant quinze ans, et cinq sous à perpétuité, après les quinze années expirées, à la charge de mettre en état la maison Saint-Marcel, de faire bâtir rhôpital Saint-Louis, depayerle service médical et les gages de tous les employés, de fournir tous les meubles et ustensiles nécessaires aux deux établissements, unis et incorporés à l'Hôtel-Dieu. Leur destination spéciale fut
'Mercure françois, année 1£07, t. I, fol. 227 verso. « Il (le roi) fil » commencer en ceste année, et depuis achever, ce grand bastiment » qui est hors la porte du Temple, pour servir d'hospital aux pestifé- )) rez, et voulut qu'il fust appelé la maisou de Sainct-Loys. » Quelques parties accessoires l't saus importance restaient à terminer lors de la mort du roi : elles furent achevées en 1612.
2 Mercure françois, année 1607, t. I, fol. 227 verso.
SALUTAIRES CONSÉQUENCES DE LA ML'I-TirLlCATIONDl^.SHOl'lTAUX. TOI
de recevoir désormais les pestifér/s, c'est-à-dire tous ceux qui seraient atteints par une maladie contagieuse ou par une épidémie. La dépense qu'entraîna leur premier établissement monta à la somme de 795,000 livres du temps, près de trois millions d'aujourd'hui '. Cn fait permet de juger tout ce que Henri IV fit pour Paris en lui donnant ces deux nouveaux hôpitaux. Neuf ans a[>rès sa mort, en 161!l, une maladie contagieuse désola d^ nouveau la ville, par suite de la ruine ou de l'affaiblissement de l'excellente police qu'il avait instituée })our la propreté des rues. Les historieu^s témoignent tous que les hôpitaux Saint-Marcel et Saint-Louis coupèrent court au mal et conjurèrent le danger: s'ils n'avaient pas existé, Paris eût perdu autant d'habitants que sous Louis XI : la dépopulation eût été presque complète. Sévèrement averti par le fléau, le gouvernement revint aux édits et à Tordre établi par Henri IV pour la salubrité publique, et désormais ne s'en départit plus. Les écrivains occupés de la police économique ont signalé l'importance, jugé les effets des établissements du roi relatifs à cet objet quand ils ont écrit en 1705 ; « La ville de Paris, grâce à Dieu, et par » l'exacte observation de toutes ces précautions, a été « exempte de la maladie contagieuse depuis près d'un » siècle'-. )) Aujourd'hui encore, nous n'avons pas d'autres règlements, d'autres préservatifs, au moins principaux et essentiels que ceux établis par sa sagesse. Les travaux d'utilité publique, dont on vient de voir l'ex-
' Recueil des aucieunes lois françaises, t. XV, p. 327. — Sauvai, Autiq. de Paris, 1. V, t. I, p. 561. — Félibieii, Histoire de Paris, 1. XXV, p. 1277. — Delamarre, Traité de la police,!. lY, tit. 13, t. 1, p. 618. — Plus tard, quaud Paris fut délivré des maladies contagieuses, et dans les années où les autres maladies ne furent pas plus nombreuses qu'a l'ordinaire, l'hôpital Saint-Marcel devint le lieu de convalescence des malades de l'Hùtel-Dieu.
2 Delamarre, 1. I, tit. U, eh. G, t. 1, p. -203.
702 I, vil. CM. VIII. TRAV.\UX DIVKRS POUft LA RF..N0VAT10N DE l'AKIS.
posé avaient tous pour objet la salubrité et la santé publique : ceux dans le détail desquels nous allons entreront un double caractère. D'une part, ils doivent concourir à la salubrité et la compléter. D'une autre , ils créent un bien-être inconnu jusqu'alors : ils multiplient et facilitent les communications , donnent l'essor à l'industrie et au commerce. De plus si bon nombre de ces travaux appartiennent exclusivement à la grande voirie, plusieurs ont le caractère monumental , et inaugurent les progrès de la civilisation.
Dans son plan général pour la rénovation de Paris, le roi recourut à deux moyens distincts. D'une part, il résolut et entreprit l'amélioration de ce qui existait : d'une autre, et dans une proportion plus forte, il innova , il créa. Nous nous occuperons d'abord de la première partie de ces travaux, qui consistait dans le changement des anciennes rues de Paris. Peu après son entrée dans la capitale, et dès 1594, il ordonna de couvrir l'égoùt du ([uartier du Temple, qui répandait ses dangereuses exhalaisons dans le voisinage : il fit percer et bâtir le haut de la rue Saint-Louis, la portion voisine de la vieille rue du Temple ; pour cette raison la rue Saint-Louis porta d'abord le nom significatif de rue de l'Egoùt-Couvert. En même temps, et selon toute apparence à sa suggestion, le capitaine Marchand, qu'il employa pendant tout le cours de son règne à d'autres entreprises d'utilité publique , achetait une portion des terrains appartenant aux religieuses hospitalières de Saint-Gervais, y perçait et commençait à y bâtir les rues Saint- Anastase et de la Culture Saint-Gervais '. Toutes ces rues étaient ahgnées, spacieuses et saines. Le roi , interrompu dans ce travail d'améliorations locales, par les graves événements sur-
' Delamarre, Traité de la police, Vll« plan-description, et texte, til. 6, ch. 6, t. I, p. 80, 81. — Sauvai, 1. 1, t. I,p. 71.
LES nUES ÉLAKGIES DANS PLUSIEURS QUARTIERS. 703
venus au dedans et au dehors, à partir de 1595 . le reprit ave(; une nouvelle ardeur en 1 604 , et s'attaqua aux ([uartiers du plus vieux Paris. Miron, durant sa prévôté de 160 i à 1606, lui prêta le plus utile concours. Dans la Cité, deux rues seulement, l'une débouchant au pont Saint-Michel , l'autre au Petit-Pont , étaient praticables aux voitures de charroi. Le roi fit élargir par les deux bouts j la rue de la Vieille-Draperie, rue centrale au sein de ce quartier, qui partant de la rue de la Juiverie, aboutissait à la rue de la Harillerie et à l'entrée du Palais de Justice. 11 enjoignit de continuer et d'achever l'agrandissement de cette rue dans tout son parcours. Il ordonna en même temps d'élargir toutes les autres rues de la Cité. On peut conjecturer avec vraisemblance qu'une partie des rues de ce quartier reçut alors des dimensions moins étroites que celles auxquelles elles avaient été réduites jusqu'alors, et qu'elles passèrent d'un étranglement de 4 pieds 8 pouces et de 5 pieds à une largeur de 8 à 9 pieds '. Les efforts de Henri pour faire pénétrer un peu d'air et de jour dans les rues de la Cité furent arrêtés par sa mort. L'insouciance des gouvernements qui succédèrent au sien , la pauvreté et le mauvais vouloir des propriétaires des maisons, ont maintenu une portion des voies publiques de ce quartier dans le misérable état où on les trouve encore aujourd'hui '. Les pièces du temps prouvent que Miron, en conformité des ordres du roi,
' La nxe de la Vieille-Draperie a reçu récemment le uom de rue de Gooslauline, et la rue de la Juiverie celui de rue de la Cité. Nous venoûs de relever avec soin, au mois de novembre 1864, le» dimensions de quelques-unes des rues de la Cité. La rue Samte-Groix, qui ouvre sur la rue de GonstEmtine et qui a été élargie par ce bout, n'a encore queS pieds de large dans la partie qui débouche rue Gervais-Laurent. La rue des Trois-Ganettes est en équerre. La portion de cette rue, qui va d'occident en orient, a été élargie, probablement du temps de Henri IV; mais la partie qui va du nord au midi, et qui forme la moitié de la rue, n'a de largeur que 4 pieds 8 pouces.
704 L. vil. en. VIll. OnnONNANCE GIR les places vagues et les MASUnES.
porta dans Jeux autres quartiers du vieux Paris, dans le quartier de l'Hôtel-de-Ville ou de la Grève, *et dans le quartier Saint-Denis, les améliorations commencées dans la Cité. Il élargit la rue de la Morlellerie. Suivant l'exemple donné par le roi huit ans auparavant dans la rue Saint-Louis , il couvrit Tégoùt du Ponceau en 1605, et ouvrit ou continua une rue qui commence à la rue Saint-Martin et linit à la rue Saint-Denis •. Jusqu'à quel point et dans quel rayon ces changements s'étendirent-ils aux localités voisines, pendant la prévôté de Sanguin , digne successeur de Miron, c'est ce que l'on ne peut préciser aujourd'hui.
Le roi ne cessa jusqu'à la lin de son règne, de travailler aux améliorations locales des rues de Paris. C'est ce que prouve son ordonnance du mois de juillet 1609, relative aux places vagues et aux masures de la capitale. Dans plusieurs quartiers, la fureur des guerres civiles , les désastres qu'elles avaient causés dans les fortunes des particuliers, avaient laissé pour traces le désert et les ruines. Par son ordonnance , Henri prescrivit que tous les terrains vagues , au moins dans les parties donnant sur les rues, seraient couverts de bâtiments, et (pie toutes les maisons tombées en ruines seraient remplacées par d'autres nouvellement bâties. Ces diverses constructions
< Lêgrain, Décade, 1. Vlll, p. A23. « Les rues de Pans en aucuns » quartiers eslargies, spécialement celle de la Vieille-Draperie, par les )) deux bouts, avec ordonnance de parachever de l'eslargir tout à fait, » ensemble toutes les autres de la Cité, les rues estroites de laquelle » iesmolgnenl le peu de curiosité et dispense de no.s anciens es pre- » miers règnes, quoique très grands, n'estans telles rues capables de » coches, caresses et autres voictures de telle commodité, que l'on » n'y voyoit lors. » Outre les rues de la Cité, les contemporains citent encore les rues de la Mortellerie, du i'onceau, etc., comme percées, élargies ou assainies sous Miron (Remerciement fait par les Parisiens; Paris, 1606.) — Jaillot, Recherches critiques, historiques et topographiques sur la ville de Paris, tome il, quartier Saini-Deuys, p. 41, 42.
CRÉATIONS POUn LA TRANSFORMATION DE PARIS. 705
furent soumises aux alignements et aux devis fournis par le grand-voyer Sully. Les difficultés que pouvaient opposer les hypothèques prises sur ces biens , l'état des mineurs , les privilèges de l'Eglise, furent levées par la disposition de l'ordonnance qui prescrivit une vente au plus offrant et dernier enchérisseur à court délai , nonobstant toute opposition, et l'obligation imposée aux adjudicataires de rebâtir des maisons, et d'y mettre à Tinstantdes ouvriers '.
La mort du roi arrêta les salutaires changements commencés par lui dans les voies publiques du vieux Paris. L'insouciance des gouvernements venus après le sien, le mauvais vouloir des habitants, et parfois la gène des propriétaires, maintinrent une multitude de rues de l'Université, de la Yille, et surtout de la Cité, dans le déplorable état oii nous les voyons encore aujourd'hui, les habitants dans le malaise dont ils avaient souffert jusqu'alors. Ni l'un ni l'autre, heureusement n'inffuèreut sur l'état sanitaire. Grâces aux autres mesures de salubrité publique, ([ue Henri avait établies, et auxquelles on revint après une courte interruption, Paris n'eut qu'un seul retour de maladie contagieuse en 1619, et depuis lors en a été exempt, comme nous l'avons constaté plus haut.
Nous venons de nous rendre compte des mesures partielles et locales , auxquelles Henri recourut pour changer et améliorer les rues de Paris, après les avoir assainies. Occupons nous maintenant des moyens d'ensemble qu'il mit en œuvre pour transformer la capitale 2.
> Recueil des anciennes lois françaises, t. XV, p. 358, 359.
' Le Mercure frauçois, qui est la chronique du temps, a très-justement et très-vivement exprimé la continuelle préoccupation et les travaux infinis du roi pour la transformation de Paris, quand, après avoir indiqué la publication de divers écrits satiriques, il a ajouté, année II) 4Û
706 L. VII. CH. Vlll. PLAN DU HOI. LES VOIES ET MOYENS D'eXÉCUTION.
Du jour où il fut libre de sa guerre contre l'Espagne et contre la Savoie et où il vit les fortunes des habitants réparées, il conçut pour Paris les projets d'immenses améliorations, et il embrassa dans ses plans les trois grandes subdivisions de la capitale, la Ville, la Cité , l'Université , comme les faits vont l'établir. Il résolut d'augmenter le nombre des quais et des ponts ; de faire construire des portions de quartiers nouveaux dont les rues seraient larges et alignées ; de donner à ces quartiers des places publiques servant à la fois à la salubrité et à la décoration ; de border les rues de maisons d'une dimension plus vaste et d'une bâtisse plus solide et plus à l'abri de l'incendie que dans les âges précédents, soumises à la règle d'une construction uniforme , astreintes aux lois d'une architecture sans somptuosité , mais réunissant lesdeux caractères de la convenance et de la dignité; enfin, de percer de nombreuses larges voies nouvelles, partant d'un point commun, et s'étendant dans toutes les directions. Il devint non-seulement le premier auteur, mais l'actif artisan de ces embellissements, ou plutôt de cette transformation, en faisant lui-même construire un certain nombre de ces maisons nouvelles ; en distribuant à peu près gratuitement aux particuliers des terrains dépendant de son domaine; en facilitant, par l'intervention de son autorité , les achats de terrains faits aux communautés religieuses ; en formant des compagnies de construction ; en donnant à tous les dessins et les plans qui devaient les guider dans les ouvrages à entreprendre. Dans le présent, il fournissait ainsi à une partie de la population des habitations plus saines, plus commodes, plus élégantes ; à la voie publique des communications plus faciles et plus directes ; à la capitale de la France
1607, fol. 227 recto et verso. « Le roy se souciuit peu de ces escrits : » il soiyrioitdu tout au bien f-t à l'embellissement de sa ville de Paris.»