UV. VII. CH. VIII. DESCRIPTION DE L.\ PLACE ROYALE
pas lui-iuème. Il concéda les terrains des trois autres côtés de la place à ceux qui voudraient y construire , en n'exigeant de chacun d'eux qu'un cens ou redevance annuelle d'un écu d"or ; mais à la charge que les preneurs y feraient hâtir des pavillons conformes aux dessins qui leur seraient fournis par son gouvernement. Pour empêcher que la symétrie de la place ne fût altérée dans l'avenir , il ordonna qu'aucun des pavillons ne pourrait être partagé entre cohéritiers, mais qu'il serait mis dans un lot, ou leur appartiendrait par indivis. La Place Royale, dans sa distribution générale, n'a pas été altérée jus- (ju'ici. Elle est régulièrement carrée. Elle a neuf pavillons à trois de ses côtés , et huit seulement au quatrième côté, ce qui fait en tout trente-cinq pavillons. Ils sont tous bâtis de pierres de taille et de briques, couverts d'ardoises ; ils sont tous, sur leur façade, du même dessin , de la même matière , de la même largeur , de la même hauteur ; il n'y a d'exception que pour le pavillon du roi et le pavilloa de la reine , lesquels sont plus élevés que les autres et ont une décoration architecturale plus recherchée. Les trente-cinq pavillons sont supportés sur le devant par une suite d'arcades, larges de huit pieds et demi, hautes de douze, ornées de pilastres d'ordre dorique. Les arcades forment des galeries couvertes d'une voûte surbaissée, qui régnent dans le pourtour entier de la place , et qui offrent en tout temps un abri contre l'intempérie des saisons. Du pied des galeries jusqu'à une certaine distance , la place est pavée dans la largeur d'une rue. Le milieu de la place est entouré d'une grille. Le vaste espace que renferme cette grille fut destiné par Henri lY à deux usages : il dut servir , à certains jours , aux tournois et aux exercices militaires , et pour cette raison fut nommé Champ de Mars; il duf servir ordinairement, habituellement, de promenades