ETABLISSEMENT D'UNE BOURSE A LA PLACE DAUPIIINE
ligne du quai de l'Horloge , non-seulement depuis le terre-plein du Pont-Neuf jusqu'à la rue du Harlay, mais aussi depuis la rue du Harlay jusqu'aux murs et aux tours du Palais de Justice et à l'entrée de la Conciergerie ; la ligne du quai des Orfèvres entre le terre-plein et la rue de Jérusalem furent bordées de maisons construites sur le modèle de celles de la place Dauphine. L'établissement de la place Dauphine, les constructions élevées autour et dans les localités environnantes donnaient à la Cité plusieurs rues nouvelles, beaucoup d'habitations particulières, pour la bourgeoisie et les diverses industries parisiennes, et une place publique, qui présentaient le plus frappant et le plus heureux contraste avec tout ce qu'on trouvait dans la partie vieille de cette subdivision de Paris, où le roi faisait pénétrer les progrès bienfaisants et les arts de la civilisation.
Etudiant sans cesse les besoins publics, et empressé d'y satisfaire, le roi destina en partie les constructions nouvelles à fournir au commerce de Paris un établissement qui lui avait manqué jusqu'alors, une place de change ou une Bourse. Le journal du temps dit à ce sujet : « Il avoit » fait faire le Parc- Royal à dessein qu'il dût servir de « place de change ou de Bourse. Mais étant en un coin » de la ville, et trop loin du palais, où tous les banquiers » ont toujours affaire à la sortie de la cour, qui est à )) l'heure du change, il commença cette année à faire » bâtir la place Dauphine , à la pointe de l'ile du Palais, » et d'un lieu qui était comme inutile en faire la plus
» aboutit au pont Saint-Michel et au quai des Orfèvres. On commença » à l'ouvri)' sous le règne de HenrilV, pour faciliter la communication » avec le Pont-Neuf. » Cette rue, achevée en 1623, portait encore le nom de rue Saint-Louis en 1807; depuis on en a fait la continuation du quai des Orfèvres et on lui en a donné le nom. La rue Sainte-Aune, projetée sous Henri IV, fut percée ou achevée en 1631 (M. Lazare, Uict, administratif et historique des rues de Paris, p. 358, 505).
71 i I.lv. VII. en. Vlll. F..\ RUE DAUPHINE ET TROIS AUTRES PERCÉES.
i> belle et la plus utile place (le Paris'. » Ainsi, qu'on le remarque , non-seulement une Bourse fondée pour le commerce, mais les commerçants et les banquiers rapprochés des tribunaux ordinaires, où les appelaient les affaires qui n'étaient pas du ressort des tribunaux de commerce établis par Lhospital, ou qui n'étaient pas jugées souverainement par eux.
Henri fit participer le quartier Saint-Germain aux améliorations dans la voie publique et dans les habitations particulières qu'il avait introduites dans les quartiers de la Cité et Saint- Antoine : de plus, il établit des communications directes et faciles entre les trois grandes subdivisions de Paris, l'Université, la Cité, la Yille, tant par la construction du Pont-Neuf, dont nous parlerons plus tard, que par l'ouverture de nouvelles rues qu'il fit percer au quartier Saint-Germain. Pour l'exécution de ce dernier dessein , il se servit d'une compagnie dont Nicolas Carel était le chef, mais à laquelle il donna direction et protection , et qu'il subventionna pour une partie de la dépense. En 1606, et au mois de février 1607, cette compagnie acheta Thôtelou collège de Tabbéde Saint-Denis, une ruelle qui touchait à l'hôtel de Nevers, quelques maisons appartenant à des particuliers, une portion du jardin des Grands- A ugustins. Elle ouvrit une rue partant du Pont-Neuf et aboutissant à la porte de Bussy. La rue fut nommée Drn/phine, en l'honneur du dauphin, depuis Louis XIII : elle fut percée presque aussitôt de trois autres rues, de la rue Contrescarpe, et des deux rues que le roi appela (ï Anjou et Christiîie, du nom de deux autres de ses enfants, à l'applaudissement des Parisiens, qui voyaient avec bonheur se resserrer les liens entre la nation et une royauté amie du bien public. La rue Dau-
• Mercure françois, année 1608, 1. I, fol. 312 verso. Nous ne reproduisons pas l'ortographe du temps.