PLANS ARRKTÉS POUR LA CONSTRUCTION DE TROIS AUTRES PONTS
publique et la promenade la plus fréquentée de Paris. Sur le terre-plein, situé au milieu et en avant du Pont-Neuf, et formant une autre place entre la place Daupliine etlarue Dauphine, dans un lieu qui rappelait de tous côtés les bienfaits du gouvernement de Henri IV, la statue équestre de ce prince fut exposée en 1614 aux regards et aux hommages du peuple. Emporté par la tourmente et les excès de notre Uévolution, le 12 août 1792,1e monument a été rétabli en 181 8, et devra durer tant que le sentiment d'une reconnaissance éclairée et le bon sens n'auront pas péri chez nous.
Par la construction du Pont-Neuf, le roi avait assuré la facilité des communications entre les deux rives de la Seine, dans la partie occidentale de Paris. Dès 1605, il se préoccupa de l'idée d'établir la même facilité dans la partie orientale, et il agita avec quelques compagnies les moyens d'exécution. Il reprit plus fortement ce dessein en 1610. et dans les plans qu'il arrêta pour Tile Notre- Dame ou Saint-Louis, dans les travaux qu'il commanda à l'architecte Marie, il comprit la construction de trois ponts. Les deux premiers , attachés aux deux flancs de l'île, étaient destinés à relier la ville avec l'Université, en prenant l'île Saint-Louis pour intermédiaire ; à mettre en rapport les quartiers du Temple et Saint-Antoine avec le quartier de la place Maubert. Le dernier pont devait faire communiquer la pointe de l'île Saint-Louis avec la pointe de la Cité, près le chevet de la cathédrale. Ce projet fut du petit nombre de ceux que sa veuve n'abandonna pas. Les ministres de la régente, en traitant avec l'architecte Marie, l'an IGll, mirent pour condition à
qui était presque attenant au Pont-au-Change, fut incendié en 1621, et n'a pas été rebâti. — Jaiiiot, t. 1, p. 181, fait remarquer avec raison que le Pont-Neuf a de long 144 toises, et non 170, comme on l'a avancé par erreur.
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la concession des terrains de l'île Saint-Louis l'établissement des trois ponts projetés : le pont Marie, bâti en pierre^ le pont de la Tournelle, le pont Rouge, devinrent la conséquence de ces arrangements'. Henri se survécut dans le bien qu'il fit à la capitale.
Paris fut loin d'absorber et d'épuiser la sollicitude du roi. Il étendit à toutes les grandes villes du royaume les soins infinis qu'il donna à la salubrité et à la santé publiques, à la juste dimension des rues pour les faedités du commerce, à la décoration des cités. Dès 1602 , le landgrave de liesse, parcourant les principales villes de la France, en trouvait quelques-unes déjà arrivées à l'état où Henri voulait les mettre toutes. Il disait de la capitale de la Touraine : « Le landgrave remarqua dans )^ les rues de Tours, une propreté qu'il n'avait pas encore » rencontrée dans les villes du midi de la France. Charmé » par la beauté des édifices publics de cette ville, par )) ses promenades, ses avenues, l'élégance des maisons » destinées au jeu de paume et aux concerts, il y fit » quelque séjour. » A Châtellerault , son attention se porta sur les travaux entrepris par le gouvernement pour faciliter les communications , et il ajoute : « L'on jetait
* Sauvai, 1. m, t. I, p. 237, 238. « Ea 1605, on proposa à Henri-le- » Grand de faire quatre ponts de bois, le premier au bout de la rue )> de Bièvre, les trois autres dans l'isle Nostre-Dame (Saint-Louis). — » Christophe-Marie, entrepreneur géuéral de- ponts de France, traita » avec Louis Xill en 1611, pour faire les trois derniers en même » temps. » Aux termes des lettres-patentes du 6 mai 1614, le pont, allant de la rue des Nonaudières à Tîle Saint-Louis, le pont Marie, dut être bâti en pierre. La construction de ce pont, suspendue et reprise à diverses époques, fut achevée eu 1633. Le pont de la Tournelle, établi primitivement en bois, plusieurs fois détruit, fut reconstruit en pierre lan 1636. Le pont Rouge, ainsi nommé à cause de sa couleur, commencé eu 1613, terminé en 1636, fut bâti en bois : il occupait un emplacement très voisin de celui où l'on a jeté le pont de la Cité de 1801 à 1804.