CONFÉRENCE DE FONTAINEBLEAU ENTRE DU PLESSIS ET DUPERRON
tout le temps nécessaire à la composition d'ouvrages longs et minutieux, était obligé de recourir a l'aide d'autrui. Parmi ses coopérateurs, il s'en trouva plus d'un, imbu de cette mauvaise foi qu'on a reprochée si souvent aux ennemis de l'Eglise romaine , et qui ne balancèrent pas à falsifier les Pères ou les controversistes pour fortifier leur sentiment '. p A la suite de fexamen au(juel les docteurs catholiques et févêque d'Evreux Diiperron s'étaient livrés, Duperron s'engageait à prouver qu'il y avait dans le traité de du Plcssis plus de cinij cents citations fausses, tant des anciens Pères que des scholastiques -. La preuve laite de ces altérations sullisait à la défense du catholicisme, et au raffermissement des croyances chez ceux des orthodoxes que ses arguments avaient ébranlés. Dès que le roi eut acquis la certitude que les allégations de Duperron étaient fondées, il essaya de donner aux dogmes catholiques attaqués l'appui réclamé par les circonstances, en sauvant à du Plessis une publique et humiliante défaite. Par son ordre, deux des seigneurs qui étaient liés avec du Plessis de la plus étroite amitié, le calviniste La Force, capitaine des gardes, et Loménie, secrétaire intime de la chambre du roi, le sollicitèrent de se prêter à une rétractation faite à temps '. Il s'agissait pour du Plessis de reconnaître que sa bonne foi avait été trom-
* M. de Sismondi, article du Plessis-Mornay daus la Biographie univ. de Michaud, l"'* édiliou, t. XXX, p. 199 A. Ou sait que M. de Sismondi était calviniste.
2 Tiiuauus, 1. CXXIII, § 13, t. V, p. 843.
* La sincérité oblige madame du Plessis à reconnaître ces deux tentatives de p:ici£icalion eutre les partis religieux faites par le roi. Sous l'an 1598, jiius d'un an avant la dispute publique entre son mari et l'évèque d'Evreux Duperrou, elle dit dans ses Mémoires, p. 343, 344 : « Sa Majesté doncques luy (à M. du Plessis) en feit tenir propos par » M. de la Force^ capitaine de ses gardes, gentilhomme fort accomply, » et fort son amy, auquel il feit response qu'il n'avoit rien faict sans » considération.... La mesme response il feit au sieur de Lomenie, » secrétaire intime de la chambre du roy, luy en parlant de sa part, n