‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 2)Chapitre 176 sur 199 · A0 L. VII. CH. VIII CONFÉRENCE ENTI'.E DU PLESSIS ET DUPKRRON · texte numérisé non relu

A0 L. VII. CH. VIII CONFÉRENCE ENTI'.E DU PLESSIS ET DUPKRRON

au débat entre lui et les commissaires nommés par le roi '. Le calviniste Sully a jugé la manière dont son coreligionnaire avait soutenu la discussion ; signalé l'événement et l'effet de la conférence. Ses secrétaires lui disent dans les Œconomies royales : « Yous essayâtes d'empêcher de tout votre pouvoir la dispute d'entre messieurs d'Evreux et du Plessis : vous y aviez disposé le roi et même aucunement M, d'Evreux. Mais vous trouvâtes le sieur du Plessis si opiniâtre qu'il n'y eut moyen de l'en divertir. Néanmoins il se défendit si foiblement qu'il faisoit rire les uns, mettoit les autres en colère, et il faisoit pitié aux autres. Ce que voyant le roi, il vous vint demander : Eh bien, que vous en semble de votre pape ? — Il me semble, Sire, dites-vous, qu'il est plus pape que vous ne pensez ; car ne voyez- vous pas qu'il donne un chapeau rouge à M. d'Evreux. Mais au fond, je ne vis jamais homme si étonné, ni qui se défendit si mal. Si notre religion n'avoit un meilleur fondement que ses jambes et ses bras en croix (car il les tenoit ainsi) je la quitterois plutôt aujourd'hui que demain ^ » Ainsi dans tout ce qui touchait à la défense de ses dogmes, le catholicisme avait gain de cause entier, obtenait pleine victoire. Le roi qui l'avait préparée par les seuls moyens de la discussion libre, en donnait avis le 5 mai par un billet alors célèbre, adressé au duc d'Epernon que les catholiques fervents considéraient comme leur principal chef. Quinze jours après, il permit aux protestants de rentrer en lice. La dispute recommença à Paris entre Duperron et d'Aubigné, qui déploya plus de science, d'adresse et de fermeté que du Plessis. La nouvelle discussion ne changea rien à la situation respective des partis religieux, mais

< Tlmauus,l.CXXni,§13, t.V, p. 844;clansla traduction, t. XIII,p. 448. * Sully, (Econ. roy., ch. 96, t. 1, p. 330 A. L'orthographe du temps u'est pas reproduite.

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