ENCOUIUGEMENTS AUX SAVANTS ÉTRANGERS
lettres et des savants, ot la preuve de la faveur constante dont il les honora, qu'en ce qu'elles le montrent comme placé au centre du mouvement intellectuel de la France, et lui imprimant sans cesse une nouvelle activité sur tous les points et dans toutes les directions.
La pensée humaine, quelque part qu'elle se produisît utile et grande, ne le trouva jamais indifférent, et il eut des encouragements pour les savants et les littérateurs étrangers, comme pour les Français. Il adressa, avec l'intention de les fixer dans le royaume, les propositions et les avances les plus flatteuses à François de Sales, qui avait prêché devant lui avec talent et onction le carême de 1604, et auquel il offrait une abbaye avec la promesse de le faire nommer cardinal ; à Grotius, qui se vante dans ses écrits d'avoir touché la main victorieuse du héros de la France; à Juste Lipse, auquel il offrait une place en rapport avec son mérite, et 600 écus d'or d'appointements. Il distribua des pensions et des gratifications à plusieurs hommes doctes d'Italie, d'Allemagne, des Provinces-Unies, et il prit soin lui-même de les leur faire tenir. Sous l'année 1609, Lestoile parle de présents offerts au nom du roi aux savants deLeyde, en Hollande, à Scaliger , à Baudius et à beaucoup d'autres , « envers » lesquels Jeannin se doutant qu'ils en eussent besoing, » exerçoit par delà de grandes libéralitez '. »
Le propre d'un gouvernement tel que celui deHenri IV était de laisser la plus grande liberté à la manifestation des opinions des citoyens, pour deux motifs également graves. Le premier était d'entretenir l'activité des esprits, mobile des découvertes , principe fécond de toutes les idées neuves, grandes, utiles, dans les matières de politique et d'administration comme dans les sciences, la
' Lestoile, Registre-journal de Henri IV, p. 525 B.