I.IV. VII. CH, III. CO.NSIUÉRATIO.N'S SUH LES ÉTABLISSEMENTS
sable pour la levée des impôts ; que les subsides extorqués d'autorité au peuple provoquaient les révoltes. Ces maximes réglèrent toute leur conduite. C'est d'après l'avis des Notables réunis à Rouen qu'ils mirent à la taille ceux qui s'en étaient exemptés. Ils n'exigèrent les anciens impôts, ils ne perçurent l'impôt nouveau du sol pour livre pendant six ans ; ils ne remplacèrent, sur la demande du peuple, ce subside par des équivalents, que conformément au vote des Notables. La légitimité de la perception du sol pour livre, la légitimité du remplacement, sont établies avec soin par Henri dans le préambule de l'éditde 1602 ; « Ceste imposition, dit-il, nous avoit été accordée par » l'assemblée des trois ordres de notre royaume tenue à » Rouen, pour subvenir aux grandes dépenses à quoy » nous estions astreints pour la conservation de nostre » Estât '. » On a vu que les Notables, en estimant les dépenses inévitables, charges comprises, à 30 millions, avaient fixé à cette .somme les revenus publics ordinaires, les revenus ordinaires de la couronne. Nous avons établi que le roi n'avait jamais excédé ce chiffre légal, même dans la période la plus chargée de dangers et de guerre pour le royaume, entre la surprise d'Amiens et la lin de la guerre de Savoie. Nous avons constaté que dans les dernières années de son règne, et dès que la sûreté et le bien de l'Etat l'avaient permis, il s'était hâté d'abaisser les charges publiques à 26 millions. Nous avons ajouté qu'il projetait d'autres réductions quand la mort le surprit, et rien n'est plus exact. En effet il disait ; « Les rois mes » prédécesseurs tenoient à deshonneur de scavoir ce que » valoit un teston; mais quant à moy je voudrois scavoir » ce que vaut une pite, et combien de peine ont ces pauvres » gens pour l'acquérir, afin qu'ils ne fussent chargez que
» Edit de 1C02, dans les Ane. lois frauc, t. XV, p. 276.
riXANC.lEftS AU POliNi DE VUE POLITIQUE. ili
» selon leur portée '.» Laissons dans ce mol le coté de la bonté , pour ne nous occuper que de la politique et du gouvernement. Quel prince fut jamais plus éloigné que Henri de l'arbitraire en matière d'impôt, de l'emploi de l'argent de la nation à l'établissement du [touvoir absolu de la Couronne? Il accomplissait de lui-même, tout ce que la représentation nationale, convoquée périodiquement, aurait pu réclamer et exiger de lui , soit en fait de réduction de dépenses et de levées d'argent , soit en fait de garanties pour le maintien et la sauvegarde des libertés publiques.
I Miitlhieu, Hisl. de Henri IV. 1. IV, p. 832. — Pite, petite pièce de cuivre, qui valait le quart d'un denier. Ce mot de Henri IV est cité par M. Miilielet, dans son Histoire de France, t. XI, p. 147.
i72 LIV. vil. cil. IV. CONTENU DU CHAPITRE.