‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 2)Chapitre 32 sur 199 · DE SERRES PUBLIE SON THEATRE D'AGRICULTURE · texte numérisé non relu

DE SERRES PUBLIE SON THEATRE D'AGRICULTURE

» entendue par ses principes appliqués avec raison, con- » duile par expérience, et pratiquée par diligence. » Le traité, où il a consigné le résultat de ses vastes études et de ses expériences, a pour titre : Le T/téàtre cV agriculture et ?nesnage des champs. Il est divisé en huit liet/x qui remplacent les livres. Soit dans la préface en tête de tout l'ouvrage, soit en tète de chacune des huit grandes divisions, il présente l'analyse raisounée de chaque lieu, et donne l'idée la plus précise des sujets d'une importance inuuense, qu'il a traités dans l'ensemljle de son œuvre.

« Au premier lieu, je veux instruire noslre père de famille du devoir du mesnager, c'est-à-dire de bien cognoistre el choisir les terres, pour les acquérir et employer selon leur naturel ; approprier l'habitation champestre, et ordonner de la conduite de son raesnage'.

» Au second, puisque le pain est le principal aliment pour la nourriture de l'homme, je lui monstrerai le moyen de bien cultiver sa terre, pour avoir de toutes sortes de blés propres à cest usage, rnesm} des légumes qui servent beaucoup à l'entretenement du mesnage champestre -.

)) Au troisième, d'autant que le seul manger ne nourrit pas l'homme, mais qu'il faut aussi boire pour vivre, et que le vin est le plus commun el salutaire breuvage, je lui enseignerai la façon de bien planter et cultiver la vigne, pour avoir du vin, le faire et garder, et tirer des raisins autres commodilez. Aussi des autres boissons, pour ceux qui sont sous aer impropre à la vigne ^.

» Au quatrième, parce que le bétail apporte très grand profit au mesnager, pour le nourrir, vestir, servir, et rendre pécunieux, je lui ordonnerai ses prés et autres paquis.afin d'y entretenir force bestail, et monstrerai la manière d'eslever et conduire toutes sortes de bestes à quatre pieds, avec avantageuse et louable usure.

» Au cinquième, pour encore fournir de la viande au mesnager,

1 Préface, p. 189. —Titre général du premier lieu, p. 1, édition de 1804.

2 Préface, p. 189, édition de 1804.

' Préface, p. 189. — Titre général du troisième lieu, p 205. Dans ce titre général, de Serres ajoute : « Pour avoir des vins de toutes sortes, » aussi des passeriUes et autres gentillesses procédantes des raisinç. » Passerilles veut dire raisitjs secs [uva passa).

18'2 LIV. vil CII IV. SON CONTENU. LES ANCIENNESCULTURES PERFECTION.

je lui accommoderai le poulailler, le pigeonnier, la garenne, le parc, l'eslang, l'apier ou ruchii^r. Jele vestirai et meublerai ponipeusernen{, en lui donnant l'adresse d'avoir abondance de soye, dont aussi il lirera grands deniers, par admirable arlifico des vers qui la vomissent toute filée, estant nourris de la feuille du meurier.

« Au sixième, afin de lui donner, avec la nécessaire commodité, l'honneste plaisir, je luidresseraidesjardins, desquels il tirera, comme d'une source vive, des herbes, des fleurs, des fruits, des simples ou herbes médicinales. Ensuite je lui édifierai un verger, planterai et enterai ses arbres, pour les rendre capables de porter abondance de bons et précieux fruicts. Des lieux aussi seront destinés au safran, au lin, au chanvre, et à autres matières propres au mesnage pour meubles el habits.

1) Au septième, attendu que l'eau et le bois sont du tout nécessaires au mesnage, j'en traiterai soigneusement.

» Au huitième et dernier lieu, je monstrerai l'usage des aliments. J'instruirai la mesnagère à tenir sa maison fournie de tontes choses requises, tant pour le vivre ordinaire que pour les provisions qui servent durant l'année. Je lui ferai faire des distillations et autres préparatifs pour se secourir et les siens en l'occasion des maladies, comme estant chose infiniment incommode et périlleuse aux champs de n'avoir prompt soulagement, en attendant plus amples remèdes du docte médecin. Et d'autant qu'il faut que le m<^snager ait soin de ses bestes, ayant parlé des remèdes pour les personnes, je traiterai ensuite des médecines pour le bestail ' »

Dans ce cadre complet, de Serres a fait entrer tout ce qui est nécessaire à la vie et au bien-être de rhoinme réuni en société, d'après les lois de la Providence. Ses conseils également applicables au vaste domaine et au domaine de moyenne étendue, également utiles au propriétaire qui cultive lui-même et au fermier, leur apprenent comment ils se pourvoieront eux-mêmes, et comment ils fourniront au pays entier le logement, la nourriture, le vêtement, la richesse ; ajoutant au nécessaire le superflu, tel que le commandent en quelque sorte, et l'amènent invinciblement les progrès de la civilisation. Au chapitre xv de son cinquième livre, il indique avec soin

' Pages 190-191, édition de 180i.

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